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Sur les pas du bien-aimé Mohammed (BP sur lui)
Episode 2 : Naissance du Prophète (BP sur lui)
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, Seigneur de
l’Univers et que Ses grâces et Sa paix soient accordées à Son Messager.
La majesté et la grandeur du Prophète (BP sur lui).
Le verset nous dit –ce qui peut être traduit par - : “
Et sachez que le Messager d'Allah est parmi vous.”
(TSC[i],
Al-Houjourât (Les Appartements) : 7).
Ce verset s’adresse aux Musulmans de tous les temps et nous fait comprendre que
le Messager est toujours parmi nous. Effectivement, il est parmi nous par sa
Sunna, par l’héritage important et riche d’instructions et les exemples de
comportement qu’il nous a laissés.
Il est bien connu que les personnes célèbres évitent de trop se montrer en
public de peur que leurs imperfections soient connues, le Prophète par contre
avait des liens étroits avec les gens, et plus les gens étaient proches de lui,
plus ils l’appréciaient ! Personne au monde n’a autant donné sans avoir à
craindre de diminuer son crédit.
Le Messager d’Allah (BP sur lui) disait aux gens “Venez à moi que je vous
apprenne et transmettez ce que je vous dis”. Des milliers de personnes
l’accompagnaient et ne se sentaient jamais lassées d’entendre ses instructions.
Nous savons également que même si un homme réussit à se faire une image en
public, il ne peut dissimuler ses défauts à ses proches et surtout à sa femme !
Le Prophète lui, inspirait une estime égale qu’il soit en compagnie des gens ou
parmi les siens puisque, ses deux femmes Khadîdja et ‘Â’icha sont celles qui ont
le mieux témoigné en sa faveur. Quand il doutait de ce qui lui arrivait avec les
premières révélations, Khadîdja lui avait répondu: “Non par Allah, Il ne
t’humiliera jamais. Tu préserves les liens de famille, tu secours le faible, tu
donnes au pauvre, tu honores ton invité et tu aides contre l’injustice.” Et,
lorsqu’on demandait à ‘Â’icha comment était le comportement du Prophète, elle
répondait : “Sa morale était le Coran.”
Même ses ennemis disaient du bien de lui.
Le Messager avait envoyé une lettre à Héraclès pour l’inviter à l’Islam. Cet
empereur voulut savoir qui était l’auteur du message et quelles étaient ses
caractéristiques. Il dit à ses gens :
-« Trouvez-nous quelqu’un de chez lui qui
puisse nous en parler. »
Ils cherchèrent dans les marchés syriens et
trouvèrent Abou Soufiane venu en commerce à Gaza avec des hommes de Qoraïche.
Ils l’amenèrent lui et ceux qui étaient avec lui au Palais du roi à Beit
al-Maqdiss (Jérusalem).
Le roi dit à son traducteur : -« Qui d’entre vous a le plus
de liens familiaux avec cet homme qui prétend être prophète ? »
Abou Soufiane répondit : -« Je suis le plus proche de lui. »
Héraclès dit : -« Quelle est le rang de cet homme parmi
vous. »
Abou Soufiane dit : -« Il est d’un certain rang parmi
nous. »
-« Y a-t-il quelqu’un parmi vous qui a dit cela avant
lui ? »
-« Non. »
-« Est-ce que vous le traitiez de menteur avant qu’il ne
l’ait dit ? »
-« Non. »
-« Comment sont sa logique et son raisonnement ? »
Abou Soufiane dit : -« Nous n’avons jamais accusé sa logique
ni son raisonnement. »
-« Ce sont les nobles qui le suivent ou les humbles ? »
-« Les humbles. »
-« Augmentent-ils ou diminuent-ils ? »
-« Ils augmentent. »
-« Manque-t-il à ses promesses ? »
-« Non. »
-« L’avez-vous combattu ? »
-« Oui. »
-« Comment étaient votre guerre et la sienne ? »
-« Des hauts et des bas, nous triomphons une fois et lui
l’autre. »
-« Que vous ordonne-t-il ? »
-« Il nous ordonne d’adorer Allah Seul, de ne rien Lui
associer et nous défend d’adorer ce que nos pères adoraient, il nous ordonne
d’accomplir la Salat (prière), de donner la Zakat (aumône obligatoire),
d’honorer nos promesses et de rendre ce qui est mis en dépôt chez nous. »
Héraclès lui dit : -« C’est un prophète. Je savais qu’il
devait apparaître mais pas parmi vous. Si j’étais devant lui, je lui aurais lavé
les pieds. »
Abou Soufiane sortit étonné au sujet de
Mohammad (BP sur lui) qui prenait de l’importance.
Il n’est pas étonnant de voir que le
Prophète (BP sur lui) disait de lui-même : “Sans fierté, je suis le maître des fils d’Adam.”
L’état du monde avant le Prophète (BP sur lui) :
1.
Le monde :
A la naissance du Prophète (BP sur lui) le
monde était dominé par deux grandes puissances, la Perse et Byzance.
L’oppression et l’injustice sévissaient chez eux comme pour toutes les
civilisations à leur point culminant d’où commence la chute. Le faste battait
son plein dans la classe des seigneurs à Byzance grâce aux taxes prélevées chez
les citoyens pauvres. On y trouvait toutes sortes d’abus, racisme, oppression et
tyrannie. Il se pouvait même qu’un seigneur assiste, comme passe temps, à une
lutte entre un être humain et un lion. Lutte qui se terminait naturellement par
la mort du premier.
La Perse n’était pas en meilleur état, elle
était divisée en Seigneurs, prêtres et serfs.
Quant à l’Europe, elle vivait son ère la
plus sombre. C’était le moyen âge durant lequel toutes sortes de fabulations ont
fleuri. La femme, moitié de la société, était méprisée au point qu’on se
demandait si de nature elle était un animal ou un démon. Un écrivain anglais
nommé Wales compare l’Europe de ce temps à un corps mort et pourri.
Nous voyons aujourd’hui comment l’Europe
s’est relevée de cette décadence sans avoir eu aucune base. Son état en ces
temps était bien pire que le nôtre aujourd’hui. Pourquoi alors ne pouvons-nous
pas réaliser une grande renaissance ? Nous avons de bien meilleures assises sur
lesquelles nous pouvons bâtir. Voyez-vous pourquoi j’ai de l’espoir et la
certitude que nous pouvons réaliser notre rêve de renaissance ?
Les civilisations se basent sur deux choses
essentielles, la vérité et la justice. Lorsque ces parties du monde les ont
perdues, leurs civilisations se sont effondrées. Le plus important est donc la
morale qui règne dans la société et l’esprit des individus. Ce sont les vraies
richesses. Comment donc ne pas réussir notre renaissance si nous suivons
fidèlement la noble morale que nous a enseignée notre Prophète dont Allah a dit-ce
qui peut être traduit comme
- :
“Et Nous ne t'avons envoyé qu'en
miséricorde pour l'univers.”
(TSC, Al-'Anbiyâ' (Les Prophètes) : 107).
Si la justice et la vérité règnent sur la Terre, il n’y aura plus de guerre de
civilisations, la prospérité s’étendra sur tout le globe. C’était la principale
mission de notre Prophète (BP sur lui); faire régner la paix dans l’univers.
C’est le sens de ce verset. D’ailleurs un autre verset du Coran dit-ce
qui peut être traduit comme-:
“…Et si Allah ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre,
la terre serait certainement corrompue. Mais Allah est Détenteur de la Faveur
pour les mondes.”
(TSC, Al-Baqara (La Vache) : 251).
Le verset dit “neutralisait” c’est à dire rivaliser et non s’entretuer.
2.
La péninsule arabe :
A la naissance du Prophète (BP sur lui), la péninsule arabe n’était pas dans un
état meilleur que l’Europe. Trois cents idoles trônaient au-dessus du toit de la
Ka‘ba. Il y en avait même qui n’avaient aucune forme, juste des blocs de pierre.
N’importe quel objet trouvé faisait l’affaire.
Le système tribal régnait avec toutes ses défectuosités. Les tribus se faisaient
la guerre et la razzia battait son plein.
La femme n’était même pas comptée comme un être humain. Elle était juste un
objet utile qui faisait partie de l’héritage et était enterrée vivante lorsqu’on
n’en avait pas besoin. Combien de pères ont enseveli sous la poussière leurs
filles vivantes nouveau-nées ou même âgées de sept ou huit ans. Voyez la
différence avec le hadith du Prophète qui dit :
“Celui qui a trois filles et les élève bien n’aura rien de moins que le
Paradis.” Ils lui ont demandé : “Et deux, ô Messager d’Allah ? Il dit : “Et
deux.” Un second dit : “Et une, ô Messager d’Allah ?” Il répondit : “Et une.”
3.
La Mecque :
N’imaginez surtout pas que la Mecque était un bout de désert perdu au milieu de
nulle part et isolée du reste du monde ! La Mecque était un centre commercial
mondial, tout le commerce de la Terre passait par là. Vous rappelez-vous les
voyages de l’hiver et de l’été ? En connaissez-vous le sens ? Les marchandises
arrivaient de la Chine, allaient vers le Yémen, elles traversaient la péninsule
arabe par le biais des commerçants Quraychites, ensuite elles cheminaient vers
la Mésopotamie. Cela signifie que c’est Qoraïche qui faisait le relais pour le
commerce des Perses et des Byzantins, les deux plus grandes puissances dans le
monde à ce moment-là. Les voyages d’hiver et d’été étaient donc d’une importance
capitale pour eux. Qoraïche et surtout ses commerçants, obtenaient d’importants
profits grâce à ces deux voyages.
En plus de cela, Qoraïche possédait l’avantage d’avoir la souveraineté
religieuse, grâce à la présence de la Kaaba, là où a vécu Abraham. Le pèlerinage
entraînait une saison culturelle avec des rentrées d’argent importantes et une
économie très florissante. De plus, toutes les réunions culturelles et les
rencontres d’informations avaient lieu à la Mecque. La Mecque était également le
seul lieu sûr dans le monde. Ecoutez ce qu’en dit le Coran -ce qui peut être
traduit comme : "Ne voient-ils pas que vraiment Nous avons fait un
sanctuaire sûr [la Mecque], alors que tout autour d'eux on enlève les gens?... "
(TSC, Al-Ankaboût (L'ARAIGNEE) : 67). N’oublions pas que la Mecque avait
depuis toujours un rang très élevé. Allah, exalté soit-Il dit-ce qui peut être
traduit par : «… afin que tu avertisses la Mère des cités (La Mecque)…
» (TSC, Ach-Choûrâ (La Consultation) : 7). La Mecque avait en outre,
son propre parlement, lieu où les chefs des tribus se rencontraient et prenaient
les décisions collectives. Tout cela pour vous montrer le milieu dans lequel le
Prophète (BP sur lui) a grandi.
Il y avait à la Mecque trois cent soixante idoles, qui ne représentent sûrement
pas tous des dieux de Qoraïche. C’étaient, en fait, des divinités de toutes les
tribus arabes. Qoraïche avait signé une sorte de pacte avec les tribus, selon
lequel, ces dernières devaient assurer la protection des caravanes commerciales
qui sillonnaient la péninsule arabe durant les voyages d’hiver et d’été. En
échange, Qoraïche leur offrait le privilège d’avoir leur idole sur la Ka’ba.
Il était tout naturel que Qoraïche refuse le changement radical apporté par le
Prophète, non pas par fidélité à ses idoles mais pour protéger ses intérêts. Il
ne s’agissait donc nullement de religion, mais plutôt d’économie et c’est le
diable qui a créé cet état de choses. Sachant que par nature, l’homme
convergerait vers la vérité et délaisserait les idoles pour adorer Allah, il
crée des conflits d’intérêt qui forcent l’homme à choisir entre la vérité et son
intérêt personnel. Il mêle les intérêts à des faux principes et pousse à
commettre des transgressions. Allah, exalté soit-Il dit-ce qui peut être traduit
par : « Et ils dirent: «Si nous suivons avec toi la bonne voie, on nous
arrachera de notre terre»… » (TSC, Al-Qassas (le récit) : 57).
Cela veut dire qu’ils savaient bien qu’il s’agissait de la bonne voie. Et Il
leur répond- ce qui peut être traduit par : « …Ne les avons-Nous pas
établis dans une enceinte sacrée, sûre… » (TSC, Al-Qassas (le
récit) : 57).
Faites attention, ne sacrifiez jamais la vérité pour votre profit personnel. Ne
trichez pas aux examens, ne vous emparez pas de ce qui ne vous appartient pas
sous prétexte que cela vous arrange. Hommes d’affaires, vous qui êtes riches, ne
cachez jamais la vérité pour protéger votre fortune ! Tous les sacrifices du
Prophète et de ses compagnons étaient pour un seul mot : la vérité. Les Perses
et les Byzantins ont connu la ruine et la décadence car la vérité avait été
perdue chez eux. Nous aussi, nous avons chuté pour la même raison. Si vous aimez
le Prophète, n’oubliez jamais que le monde est basé sur la vérité. Et dites-vous
bien qu’il n’y aura pas de renaissance dans notre Umma sans vérité.
Les opportunités à saisir pour la mission prophétique :
Remarquez à quel point la situation était difficile à cette époque. Comment le
Prophète (BP sur lui), allait-il se débrouiller ? En fait le Prophète allait
tourner à son avantage trois éléments de la réalité de l’époque pour en faire
des points forts qui le mèneront au succès. Le premier élément était le
rassemblement des Arabes à la Mecque durant la saison du pèlerinage autour des
idoles édifiées par Qoraïche. Le Prophète en a profité pour diffuser son message
parmi les Arabes.
Il existe dans la science de la gestion une approche méthodique : répertorier
toutes les opportunités qui se présentent et en tirer profit ; et c’est ce que
notre Prophète a fait. Alors, vous tous, ministres, hommes d’affaire,
inspirez-vous de notre Prophète. Au lieu de se dire que tout ce monde venait
pour adorer des idoles et que, par conséquent, ils étaient déjà perdus, il a
profité de leur rassemblement. N’oublions pas que son hégire (émigration) vers
Médine est le fruit de sa rencontre quelques années auparavant avec les Ansar
(les habitants originels de Médine qui l’ont accueilli) durant la saison du
pèlerinage. Le Prophète n’a pas négligé non plus le fait que toutes les tribus
arabes comprenaient parfaitement la langue de Qoraïche, fait très utile qui lui
a facilité la transmission du message.
Le troisième point, très important, est que l’homme arabe a toujours été un
homme libre. Un homme qui n’a jamais goûté à la servitude. Car
l’assujettissement n’engendre jamais une renaissance. L’homme arabe est un
homme courageux et généreux, car il est libre. Le Prophète allait insister sur
ce point : l’homme libre qui n’est pas asservi, peut faire une révolution, il
peut être porteur de message. Mais celui qui n’a pas goûté à la liberté restera
toujours incrédule, indécis, et jamais vaillant.
Si nous voulons réaliser une renaissance pour notre nation, apprenons la liberté
et la fierté à nos enfants. Il faut qu’ils aient des personnalités fières et
qu’ils soient sûrs d’eux-mêmes, sans quoi il n’y aura pas de soulèvement. Les
Arabes à l’époque du Prophète (BP sur lui), n’avaient pas des personnalités
velléitaires. C’est ainsi que nous avons eu des hommes comme Ammar, Bilal, Abou
Bakr et Omar…
Tirons des leçons de l’histoire du Prophète, il ne s’agit pas de simples récits.
Nous discutons de la clé de voûte de la nation. Je vais vous raconter une
histoire où vous verrez comment le Prophète veillait à créer l’estime de soi
chez les enfants : un jour, le Prophète était assis parmi une foule de notables
de Qoraïche. Juste à sa droite, était assis un jeune garçon de dix ans
probablement. Les gens avaient soif, et on leur a servi à boire. Le Prophète (BP
sur lui), a pris la cruche d’eau pour les servir, sachant que la coutume veut
qu’on commence par la droite. Il a alors demandé au petit garçon : « Me
permets-tu de commencer par les plus âgés ? » Alors l’enfant qui était sans
aucun doute élevé correctement, a dit : « Non, je ne laisse à personne ma part
de toi. » Alors le Prophète a regardé les autres et leur a dit : « C’est son
droit, je commence donc par lui ».
Voyez comment le Prophète éduque les enfants, quelle aurait été selon vous la
réponse d’un de nos enfants qui n’ont pas une grande estime d’eux-mêmes?
Notre nouvelle génération doit compter des jeunes comme cet enfant, je vous prie
d’enraciner la fierté chez vos enfants.
Un jour, Omar Ibn Al-Khattab passait par une ruelle à Médine où jouait un groupe
d’enfants et tous les enfants se sont enfuis, vu la crainte que Omar suscitait
chez les gens, sauf un (qui était Abd Allah Ibn Az-Zoubaïr) qui est resté sur
place regardant Omar sans ciller. Omar lui a demandé pourquoi il ne s’enfuyait
pas comme les autres, alors il a répondu : « Le passage n’est pas étroit pour
que je te fasse de la place, et je n’ai rien fait de mal pour me sauver ». Omar
l’a regardé et a dit : « Ce garçon aura un avenir prodigieux » et ce garçon est
devenu le Calife des musulmans. Nous voulons une génération pareille. La
troisième leçon d’aujourd’hui : maintenez la fierté et l’estime de soi, et
surtout ne vous rabaissez jamais car il n’y a pas de renaissance sans fierté.
Nous en arrivons donc au terme des trois opportunités que le Prophète (BP sur
lui), a saisies pour sa mission. Etes-vous à même de faire pareil que lui ? Vous
les hommes d’affaire, les dirigeants, les politiciens, les ministres, les femmes
au foyer, les jeunes. Savez-vous comment retrouver les opportunités et les
transformer en points forts à votre avantage ? C’est ce qu’a fait notre
bien-aimé le Prophète (BP sur lui).
Sa naissance et son nom :
Son prénom est Mohammad (BP sur lui). C’est son grand-père qui l’a appelé ainsi.
Le jour de sa naissance, ce dernier offrit un festin aux notables de Qoraïche et
leur répondit, quand ils s’étonnèrent devant le choix du prénom de Mohammad,
prénom jamais rencontré auparavant à la Mecque: « Je veux qu’il soit loué sur
terre par les gens de la terre, et qu’il soit loué dans le ciel par les gens du
ciel ». Mohammad est le superlatif de 'loué'. C’est-à-dire qu’il sera tellement
loué qu’il deviendra le plus louable de tous : Mohammad. Ses actions sont donc
tellement majestueuses qu’il mérite d’être Mohammad. Mais il porte aussi le
prénom ‘Ahmad’ qui signifie celui qui loue Allah le plus, personne n’a jamais
loué Allah comme lui. Notez un détail très éloquent : son nom cité dans la bible
est Ahmad, et non pas Mohammad. Signifiant qu’avant d’être loué grâce à ses
faits, il doit louer Allah. Remarquez aussi que le Prophète (BP sur lui) est
toujours lié aux louanges.
Il dit qu’il portera l’étendard de la louange le jour du jugement dernier. Allah
lui a donné Sourate Al-Fatiha qui est aussi consacrée aux louanges d’Allah. Le
jour du jugement dernier, il va louer Allah, exalté soit-Il, par des
glorifications que personne n’avait jamais prononcées. Allah a décidé que dans
sa religion, chaque action achevée devait finir par une louange (Dire Louange à
Allah après avoir fini chaque travail, après avoir mangé ou voyagé). Allah lui a
rassemblé tous les sens des louanges depuis son nom jusqu’à ses faits, car il
est le dernier des messagers d’Allah, et Allah veut que tout action se termine
par les louanges à Allah comme le dit ce verset -qui peut être traduit par :
« …et l'on dira: «Louange à Allah, Seigneur de l'univers» » (TSC,
Az-Zoumar (les groupes) : 75).
Il y a autre chose d’admirable dans son nom : Les louanges sont liées à la
renaissance. En effet, celui qui veut réaliser une renaissance doit être de
tempérament optimiste et non morose et renfrogné comme le sont certains des
fidèles de nos jours. Mais ce n’est pas ainsi qu’est celui qui loue Allah et le
remercie ; celui-là est calme, sûr et confiant.
Voyons maintenant son nom au complet. Je suis très déçu de voir des jeunes qui
connaissent par cœur les noms de célébrités comme les stars de football et ne
connaissent pas du tout le nom de leur prophète. Il s’appelle : Mohammad Ibn
(fils de) Abd Allah, Ibn Abd El Mottalib, Ibn Hachem, Ibn Abd Manaf, Ibn Qossaï,
Ibn Kilab, Ibn Morra, Ibn Kaâb, Ibn Loaï, Ibn Ghaleb, Ibn Fihr. Sachant que Fihr
est le père de Qoraïche et un des fils d’Ismaïl, le fils d’Abraham.
Examinons la famille du Prophète. Qossaï, son arrière-grand-père est l’homme qui
a uni Qoraïche. Notez qu’il s’agit d’une famille de meneurs. D’ailleurs c’est ce
même Qossaï qui a instauré la maison d’assise (le petit parlement de Qoraïche).
Vient ensuite Hachem qui a signé des traités de commerce avec les Perses. Et
c’est également lui qui a établi les pactes avec les tribus arabes. C’est donc
lui qui a fait la fortune de Qoraïche. Abd El Motalib, quant à lui, a creusé le
puits de Zamzam. Voyez-vous l’influence et l’humanisme des aïeuls du Prophète ?
Mais remarquez bien que cette famille n’a jamais été riche, elle a toujours été
une famille modeste. Le Prophète a donc émergé d’une famille noble, marquée par
l’esprit de gouvernement et de direction mais qui n’a jamais était riche.
C’est pour que notre Prophète ait une situation intermédiaire : entre les
pauvres (dont il fait partie) et les riches (car il est noble comme eux).
Observez donc, Allah, exalté soit-Il, a préparé pour le Prophète (BP sur lui),
le monde, la péninsule arabe, la famille et le nom aussi. Il y avait une autre
branche de la famille qui était riche, celle de Bani Oumaya, de laquelle est
issu Abou Soufiane. On comprend donc pourquoi ils ont refusé le message du
Prophète. Car même si les descendants de Oumaya étaient très riches ils
n’étaient pas aimés. Alors que les descendants de Abd El Mottalib étaient plus
humains, plus modestes et plus nobles. Nous en tirons une très bonne leçon :
Vous qui êtes de descendance noble, mais qui êtes pauvres, n’abandonnez jamais
vos principes. La classe moyenne dans le monde arabe est entrain de s’effondrer
en ce moment. Je m’adresse à ceux dont le revenu est modeste, et qui viennent de
grandes familles, ne vous laissez pas humilier parce que vous n’êtes pas riches,
car le Prophète lui-même a été ainsi. Soyez en plutôt fiers. Et les riches, je
leur dis ne soyez pas comme Bani Oumaya qui ont vécu pour ne s’occuper que de
leur propre intérêt et n’ont jamais servi la société.
Abd El Mottalib, le grand-père du Prophète a une histoire impressionnante. C’est
lui qui s’est dressé contre Abraha, qui était venu pour conquérir la Mecque et
détruire la Ka’ba. En arrivant à la Mecque, Abraha a commencé par réquisitionner
les biens des gens. Et parmi tous les notables de Qoraïche, seul Abd El Mottalib
est allé le voir pour lui demander de lui rendre son troupeau de chameaux.
Abraha a ri de sa demande croyant à l’origine qu’il venait le supplier
d’épargner la Ka’ba. Alors Abd El Mottalib lui a répondu : « Les chameaux sont à
moi, mais la maison (la Ka’ba) a un seigneur qui la protège ». Remarquez le
courage et la bravoure de cet homme.
Méditons le verset où Allah, exalté soit-Il, dit -ce qui peut être traduit
par : « Ainsi, Nous avons envoyé parmi vous un messager de chez vous…
» (TSC, Al-Baqara (la vache) : 151). C’est-à-dire que le Prophète
(BP sur lui) est de votre société et de votre milieu et que jusqu’à ce jour,
chaque Arabe a une relation de sang ou de parenté avec lui : Son grand-père
Kanana vient du Yémen ; son grand-père Abraham est de l’Iraq ; sa grand-mère
Hagar vient d’Egypte ; lui-même est de la Mecque ; il a vécu à Médine ; les
oncles (maternels) de son père sont de Médine ; son grand-père Hachem a été
enseveli à Gaza; ses neveux ont vécu en Jordanie et au Maghreb ; Om Aïman, sa
nourrice, est du Soudan ; Halima Es-Sa’dïa, son autre nourrice, est une bédouine
du désert.
Il est né le matin du lundi le 12 Rabî El Awal, qui coïncide avec le 20 avril de
l’année 570 de l’ère chrétienne, cinquante jours avant ‘Am Al-Fil (l’année dite
de l’éléphant pour marquer l’incident avec l’éléphant de Abraha). Allah, exalté
soit-Il, dit - ce qui peut être traduit par : « N’as-tu pas vu comment ton
Seigneur a agi envers les gens de l’Eléphant? » (TSC, Al-Fîl
(l’éléphant) : 1). C’était un miracle : Abraha et son armée se dirigeant vers la
Ka’ba avec leur éléphant pour la détruire, et voilà que des oiseaux viennent
virevolter autour de la Ka’ba, chacun portant un petit caillou noir pour le
lancer sur un des soldats de l’armée de Abraha, leur infligeant un traumatisme
épidermique qui les poussaient à quitter le champ de bataille avec la peau en
feu. « N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de
l’Eléphant? ». « N’a-t-Il pas rendu leur ruse complètement vaine? et
envoyé sur eux des oiseaux par volées qui leur lançaient des pierres d’argile ?
Et Il les a rendus semblables à une paille mâchée » (TSC, Al-Fîl
(l’éléphant) : 1 - 5).
Cet incident est survenu seulement cinquante jours avant la naissance de notre
Prophète, et ce pour une bonne raison. Allah, exalté soit-Il, a voulu que
Qoraïche, qui abusait des légendes sur les idoles, trouve une histoire vraie à
raconter aux enfants de cette génération. Car les Quraychites ont vu un miracle,
et ont donc raconté qu’Allah a protégé la Ka’ba et non l’un de leurs fétiches.
Ainsi, les enfants de la génération à laquelle appartient le Prophète (BP sur
lui), ont tous entendu cette histoire. Imaginez le Prophète lorsqu’il n’était
qu’un enfant et que sa mère lui racontait l’incident. Imaginez-le avec ses yeux
qui brillent à l’évocation du courage de son grand-père, et demandant à sa mère
ce que peuvent alors être ces idoles, sans obtenir de réponses. Tous les savants
s’accordent à dire que les vérités s’ancrent dans les esprits des enfants
jusqu’à l’âge de six ans. Racontez donc à vos enfants les histoires de la vérité
et des bonnes moeurs pour qu’ils s’en imprègnent.
Ainsi, Allah, exalté soit-Il, a choisi ce moment pour la naissance du Prophète
(BP sur lui). C’est à cause de cela qu’une fois adulte, et qu’un jour (bien
avant la prophétie) un homme lui demanda de jurer au nom des dieux de
Qoraïche, il a répondu : « Je ne les adore pas pour jurer en leurs noms ! ».
Voyez-vous comment Allah tout puissant prépare le monde entier pour l’avènement
de la prophétie ? Une famille noble, un monde préparé, un nom significatif :
Tout était prêt pour l’accueillir.
Il y a un autre point important dans l’incident de l’éléphant : les grands
événements engendrent des hommes. Et moi je dis aux jeunes : c’est l’époque de
l’apparition des grands, car nous passons en ce moment par de grands événements,
depuis le 11 septembre jusqu’à ce jour. Le Prophète est né juste après
l’incident de l’éléphant car c’était le moment de l’apparition des grands. Alors
préparez-vous, les jeunes, c’est l’époque de l’apparition des grands. Pas des
grands qui détruisent la terre ou qui tuent à droite et à gauche. Mais des
grands qui apaisent la terre et y instaurent la paix. C’est cette renaissance
que nous voulons.
Il reste à décrire sa naissance. En fait, il s’agit d’une naissance très
ordinaire : une femme qui est tombée enceinte et qui a ensuite accouché.
C’est-à-dire qu’il n’y a pas eu de miracles, pas comme pour les prophètes Jésus
ou Moïse, paix sur eux, dont les naissances étaient marquées par des miracles.
Car l’ère des miracles est révolue, c’est l’avènement de l’âge des sciences et
de la stratégie. Ainsi le premier verset de la révélation dit : « Lis!
» C’est-à-dire travaillez et planifiez, et n’attendez plus de miracles. Il n’y a
plus de bâton de Moïse, mais le vrai miracle c’est vous. Des hommes et des
femmes qui croient profondément en Allah et décident d’aménager la terre selon
son désir, mais seulement grâce à leur travail sans l’aide d’aucun miracle.
Parfois on trouve des gens qui racontent des aberrations du genre : l’année de
la naissance du Prophète, toutes les femmes de la Mecque n’ont accouché que de
garçons. Rappelons que parmi les enfants du Prophète lui-même il n’y a que les
filles qui ont vécu, et qu’ en plus le Prophète a toujours œuvré pour rendre sa
dignité à la femme. D’autres racontent que le jour de sa naissance, Mariam
(Marie) et Assia sont venues aider sa mère Amina pour l’accouchement… tout cela
est complètement faux. Il n’y a pas eu de miracle, rien qu’une naissance
naturelle, pour que l’on puisse dire : « En effet, vous avez dans le
Messager d'Allah un excellent modèle [à suivre]… » (TSC, Al-Ahzâb (les
coalisés) : 21).
Conclusion :
Résumons l’épisode de ce soir en quelques points :
-
« Et sachez que le Messager d'Allah est parmi vous… » (TSC,
Al-Houjourât (les appartements) : 7).
-
La situation du monde avant le Prophète :
-
La chute des civilisations survient lorsque sont perdues la vérité et la
justice,
-
La civilisation occidentale n’est pas intégralement refusée, nous
voulons une cohabitation pas un affrontement,
-
Non au désespoir, oui à l’optimisme, travaillons ensemble,
-
La dignité des femmes rendue par le Prophète,
-
Ne choisissez jamais votre profit personnel en dépit de la vérité,
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Transformez les petites opportunités en des points forts,
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La naissance du Prophète
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Celui qui crée une révolution doit louer Allah,
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Les familles nobles et modestes, soyez fières de vous,
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Les grands événements engendrent les grands hommes,
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L’âge des miracles est révolu.
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