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Sur les pas du bien-aimé Mohammed (BP sur lui)
Episode 3 : "Ne t’a-t-Il pas trouvé orphelin? Alors Il t’a accueilli!"
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
L’épisode d’aujourd’hui sera articulé en quatre axes : une introduction, une
question, l’enfance du Prophète (BP sur lui) et sa jeunesse juste avant son
mariage.
L’introduction :
Je consacrerai cette introduction à la description physique du Prophète (BP sur
lui). Les livres nous rapportent les traits physiques spécifiques au Messager
d’Allah (BP sur lui) dont la taille moyenne, la blancheur de son visage (avec
une certaine rousseur), un corps harmonieux, sans ventre, et des cheveux et une
barbe noirs d’ébène.
Sa description donnée, vous n’arrivez pourtant pas à l’imaginer… Comment faire
donc ? Allah m’a inspiré de vous raconter trois histoires de la Sirah, et je
vais vous raconter ces histoires en guise de cadeau de ma part pour que vous
parveniez vous aussi à l’imaginer. A chaque fois que vous voulez voir le visage
du Prophète, n’hésitez pas à vous rappeler ces trois histoires-là :
·
La première histoire est à propos de AbdAllah Ibn Salam qui était un grand
rabbin juif. Il connaissait la description de l’ultime prophète. Ce personnage
n’avait jamais vu le Messager (BP sur lui) auparavant et avait préparé pour sa
rencontre avec Mohammad dix questions qui lui permettraient d’affirmer ou
d’infirmer s’il s’agissait bien du dernier prophète, conformément à la
description dont il disposait. En compagnie de son fils, il se rendit chez le
Prophète (BP sur lui) et dès qu’il l’aperçut, il dit sans l’interroger : « Cet
homme est certes le Messager d’Allah ». Une telle affirmation prend source dans
l’apparence même du Prophète, du simple regard porté à son visage. S’adressant à
son fils qui le pressait à poser ses questions, il dit : « Mon fils, ceci n’est
point le visage d’un menteur ».
·
La deuxième histoire est celle de Jaber Ibn AbdAllah. Il raconte qu’il faisait
une promenade dans Médine en une nuit de pleine lune. Il admirait l’astre et sa
lueur magnifique lorsqu’il vit apparaître de la même direction que la lune, le
Prophète (BP sur lui). Il se mit alors à regarder alternativement la lune et le
visage du Prophète (BP sur lui) avant de dire : « Le Prophète est à mes yeux
encore plus beau que la lune même ». Le visage du Prophète réfléchissait en
effet une lumière surnaturelle.
·
La dernière histoire à ce propos est celle de AbdAllah Ibn Rawaha qui était un
poète d’une éloquence sans égale. On lui a demandé de décrire le Messager (BP
sur lui). Ses paroles étaient : « Quand tu vois venir de loin le Prophète (BP
sur lui), tu te dis que le soleil s’est levé ». Le savez-vous ? Le Prophète (BP
sur lui) est venu au monde au lever du jour pour annoncer en fait une
renaissance de la terre entière.
La question des miracles:
Au cours de l’épisode précédent, j’ai annoncé que le dernier miracle était celui
relatif à l’incident avec Abraha, et qu’à la naissance du Prophète (BP sur lui),
le temps des miracles était révolu et avait commencé le temps de la science.
Comment classer donc les miracles du voyage nocturne et de l’ascension et celui
de la fente de la lune ? Il est vrai qu’il y a eu des miracles rattachés au
Prophète (BP sur lui) mais qui n’ont affecté aucun événement à l’instar du
miracle de Moïse (la fente de la mer par son bâton) ou de celui d’Abraha (les
oiseaux par volées provoquant la perte des mécréants), et encore moins celui de
l’arche de Noé. Tous les miracles étaient conçus dans le but de renforcer la
position du Prophète (BP sur lui) après tout le mal qu’on lui a fait, et pour
témoigner qu’il était l’élu d’Allah, mais sans aller jusqu’à modifier les
événements. C’est l’effort humain qui est à même de changer les résultats. Donc,
les miracles du Prophète (BP sur lui) étaient pour le soutenir dans sa mission
comme la descente des Anges pour combattre dans le clan des musulmans à la
conquête de Badr.
N’allez pas croire que je nie les miracles du Prophète. En aucun cas ! Mais je
préviens la réaction de certains qui diraient que Mohammad était prophète et
qu’il avait la révélation et tout le renfort possible et l’appui d’Allah pour sa
mission, mais que nous, nous n’en avons point ! On raconte son histoire parce
qu’il est susceptible d’être imité. Au cas où tout est miracle, rien ne peut
être imité et nous ne serons pas aptes à aller de l’avant pour notre
renaissance. Chaque prophète a eu un miracle de son vivant qui s’est éteint à sa
mort. Sauf notre Prophète : son miracle se poursuit parce qu’il réside dans sa
Umma qui a pris le flambeau. C’est pour cela que sa vie n’a pas renfermé de
miracles pouvant changer le cours des événements. Que sera donc la révélation ?
Il s’agit de la méthode qu’il utilise.
L’enfance du Prophète (BP sur lui)
Commençons par sa nourrice : Halima Es-Sa’dïa. A l’époque, les gens de Qoraïche
avaient l’habitude de placer leurs enfants chez une nourrice bédouine vivant en
dehors de la Mecque. La philosophie en est que les enfants ne doivent pas se
trouver en milieu clos mais dans des endroits ouverts, en pleine nature, pour se
doter d’une bonne constitution physique. Qoraïche plaçait ses enfants chez des
nourrices de la tribu de Sa’d. Les femmes de cette tribu viennent à une période
précise de l’année à Qoraïche afin de prendre les enfants pour une durée de deux
ans. Elles n’acceptaient pas de l’argent contre cette tâche mais des cadeaux.
Elles cherchaient donc des gens riches pour recevoir le plus de compensations
possible.
Le Prophète (BP sur lui) était orphelin et donc aucune nourrice ne voulait de
lui sauf Halima qui fut obligée de le prendre faute d’enfants dans la tribu. Son
mari lui avait dit : « Je vois que tu as apporté un souffle béni ». Dès qu’elle
l’a serré contre elle, il l’a vite adoptée en cherchant son sein. Le fils de
Halima a imité cette attitude et a accepté de téter également deux fois de
suite. Le mari confirma donc que sa femme avait apporté un souffle béni : son
arrivée à sa demeure a produit la pâture pour le troupeau de sa nourrice. Halima
rapporte aussi que l’enfant grandissait d’une manière étonnante : il a donc
marché avant l’âge prévu et a parlé à un âge avancé : sa parole était donc d’une
sagesse évidente.
Effectuons un saut dans le temps et voyons ce qu’il en est cinquante cinq ans
plus tard à l’avènement de la conquête de la Mecque. Le Prophète (BP sur lui) a
croisé le regard souriant d’une vielle femme qui le dévisageait : c’était
Halima. La nourrice pouvait être fière de l’enfant glorieux qu’elle avait
allaité. Le Prophète (BP sur lui) était content de la revoir, l’appelant à haute
voix « Mère » et il l’avait honorée en mettant son manteau par terre pour
qu’elle puisse s’y asseoir et en demandant congé auprès de ses compagnons pour
une petite heure rien que pour lui parler en tête à tête. N’est-ce pas une
magnifique preuve de fidélité ? Et il y a mieux encore : durant la guerre contre
les Hawazim et Hounaïn, le Prophète (BP sur lui) a su que son frère de lait
était parmi les vaincus. Il a alors demandé à ses compagnons la permission de
rendre le butin. On se demanda s’il gardait encore le souvenir de ce frère. Il
répondit que non mais que c’était un geste de fidélité envers sa mère Halima. Il
est même allé jusqu’à emprunter de l’argent pour combler la valeur du butin non
rendu. Je vous demande donc : quel degré de fidélité atteignez-vous? Que
faites-vous de vos professeurs, de vos parents ? Surtout ceux qui sont mariés et
les résidents à l’étranger ? Combien de fois demandez-vous des nouvelles de vos
parents ? Je vous conseille vivement d’être fidèles à l’instar du Prophète (BP
sur lui)
Concentrons-nous maintenant sur l’expérience de l’orphelin : cette expérience a
commencé chez le Prophète (BP sur lui) à partir de la mort de son père AbdAllah.
Ce dernier a épousé la mère du Prophète, Amina, et est allé, en commerçant, se
procurer de la marchandise, deux mois après son mariage. Elle était alors déjà
enceinte, mais le père ne le savait pas. Durant son parcours, il s’est arrêté à
Médine, dont il était originaire, rendre visite à ses oncles. Abd-El-Mottalib,
qui était le grand-père du Prophète (BP sur lui), était marié et résidait dans
cette ville. A cette escale, AbdAllah tomba grièvement malade, son cas s’empira
et il finit par y succomber. Il fut enterré à Médine, loin de sa famille. Le
Prophète (BP sur lui) a donc su dès son jeune âge que son père était mort et
qu’il en serait privé sa vie durant, et pourtant il pouvait avoir la tendresse
d’un père envers les jeunes. L’histoire de Zayd Ibn Haritha en est un exemple
puisque le Prophète (BP sur lui) sortit lui ouvrir la porte, oubliant qu’il ne
portait pas tous ses habits, et le prit dans ses bras avec joie. Il a bien
mérité son embrassade, Zayd ! Mais toi ? Qu’as-tu fait pour en avoir une de la
part du Prophète au jour de la Résurrection ? Ou pour que les gens t’aiment ?
Lorsqu'il a atteint six ans, sa mère a décidé d’entamer le voyage de la Mecque
jusqu’à Médine pour que l’enfant se recueille sur la tombe de son père et qu’il
rencontre ses oncles paternels. Amina était donc fidèle à la mémoire de feu son
mari et c’est pour cette raison que son fils est aussi fidèle en hommage à sa
mère. Le Prophète (BP sur lui) voyageait pour la première fois, il était
orphelin se dirigeant vers Médine en orphelin pour y revenir plus tard en
conquérant. Sur le chemin du retour, en plein désert, sa mère mourut. Il n’avait
avec lui qu’une servante appelée ‘Oum-Aymen’. Qui va donc se charger de
l’enterrement et des rites ? Il est venu se recueillir pour la première fois sur
la tombe de son père et il a vu sa mère agoniser puis mourir alors qu’il n’avait
que six ans.
Avez-vous ressenti l’épreuve de l’orphelin ? La situation est éprouvante,
sentimentalement et physiquement. Quand il est revenu conquérir Médine, il s’est
arrêté à l’endroit où était enterrée sa mère pour pleurer au point qu’il a fait
pleurer tous ceux qui l’accompagnaient. Allah, que Son Nom soit glorifié et
sublime, le préparait dès son enfance en le munissant d’une grande sensibilité
et de la conscience que la vie n’est que fugitive. Allah sait que plus tard, le
Prophète aura une grande renommée et que la vie ne doit pas le tromper car il
est de passage, comme tout mortel. Son don de tout un troupeau d’animaux à un
homme en est la preuve, de façon à ce que l’homme a déclaré que « Mohammad
distribue le don de celui qui ne craint pas la pauvreté ». Les siens sont morts
pour qu’il acquière plus de solidité afin que plus tard il mène sa mission à
bien. Allah prend pour te donner plus tard ou te donne pour prendre plus tard.
« Or, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'elle
vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu'elle vous est
mauvaise. C'est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas. "(TSC[i],
Al-Baqara (LA VACHE): 216).
A partir de ce jour et jusqu'à l'âge de huit ans, le Prophète (BP sur lui) vécut
chez son grand–père, âgé de quatre–vingt dix ans et qui éprouvait de la
tendresse envers son petit fils. Le Prophète (BP sur lui) aurait donc passé les
quatre premières années de son enfance chez Halima, puis les deux années
suivantes avec sa mère et par la suite chez son grand-père. Mais était–il
content de son séjour chez son grand–père ? Oui, car sa mère, comme on l'a déjà
dit, a veillé à ce qu’il connaisse et aime les parents de son père. Avez–vous vu
comment cette mère a sauvé son fils ? Si vous aimez vraiment vos enfants, faîtes
tout ce que vous pouvez pour qu'ils soient liés à leurs parents et pour qu’ils
trouvent une main secourable dans l'avenir si jamais la vie devient dure.
Le Prophète (BP sur lui) vivait donc chez son grand-père Abd El Moutaleb. Ce
dernier présidait, chaque jour, au pied de la Ka’ba, une assemblée qui traitait
des problèmes politiques, économiques… de Qoraïche. Le Prophète l’y
accompagnait, partageait son siège et prêtait attention à ce que les adultes
racontaient au lieu de jouer. Remarquant cela, son grand-père dit aux autres
notables : "Mon fils occupera un poste très important dans l'avenir." Tout ce
qui a précédé a aidé à polir la personnalité du Prophète surtout qu'il n' y a
pas eu de miracles à cette époque là. Le Prophète écoutait pour acquérir plus
d’expérience dans la vie. Ces expériences lui ont permis de mieux réussir.
A l’âge de huit ans, le Prophète (BP sur lui) devint orphelin pour la troisième
fois. Il est éprouvé encore une fois par le décès subit de son grand-père. Alors
qu’il commençait à ressentir de la stabilité, il perdit la personne chargée de
lui. Un autre aurait été éprouvé par de telles afflictions vécues durant les
premières années de son enfance, mais le Prophète (BP sur lui) en a acquis de la
clémence et de la miséricorde, contrairement à ce que prétendent certains
orientalistes. On peut citer quelques preuves de cette clémence :
Le jour de Uhud, ses dents ont été cassées et le sang s'écoulait de son visage
mais il refusait d’invoquer Allah pour punir les mécréants comme le lui
demandaient ses compagnons : “Et Nous ne t'avons envoyé qu'en miséricorde
pour l'univers.” (TSC, Al-'Anbiyâ' (Les Prophètes) : 107), il
disait aussi : " Ô Dieu, guide mon peuple vers le bon chemin, pardonne-leur
car ils ne savent pas." De plus, l’Ange des montagnes lui a dit : " Si tu
veux, je fais tomber les deux montagnes sur eux." Mais le Prophète (BP sur lui)
a refusé, ce qui a incité l’Ange des montagnes à lui dire qu'il est vraiment
plein de compassion et de miséricorde; il est miséricordieux même envers les
faibles.
D'ailleurs, au marché de Médine, le Prophète (BP sur lui) a trouvé Zaher, un
homme laid et rude, seul loin des compagnons qui refusaient de lui parler.
Alors, il s'est dirigé vers lui et il l’a pris dans ses bras par derrière.
Zaher, qui ne croyait pas que quelqu'un pouvait être si gentil avec lui, dit : "
Qui fait cela ? Lâchez–moi." Alors, le Prophète l'a laissé, mais quand Zaher
reconnut celui qui était derrière lui, dit : " J'étais très content au contact
de mon coeur avec celui du Prophète." Pour plaisanter avec Zaher, le Prophète
prit sa main et dit : " Qui achète cet esclave? Mais, Zaher lui répondit : " Ô
Messager d'Allah, tu ne trouveras pas acheteur." Le Prophète (BP sur lui) lui
répondit : " Mais tu restes cher à Allah."
Aussi, il était clément même envers les enfants. Un enfant, qui s'appelait
Omaïr, perdit son oiseau que le Prophète (BP sur lui) avait nommé Noghaïr. Il le
pleura tellement que, pour le consoler, le Prophète (BP sur lui) s’est mis à
jouer avec lui dans les rues de Médine. En plus, le lendemain, il est allé chez
Omaïr, frère de Anas ibn Malek, serviteur du Prophète, pour soulager sa peine.
Ainsi, on peut dire que la perte du père, de la mère et du grand-père l'a incité
à être tendre envers tout le monde. Dans un hadith, il dit : « Moi et celui
qui parraine un orphelin sommes (proches) au Paradis comme le sont ces deux-là »
en montrant ses deux doigts : l’index et le majeur ». (Rapporté par
Al-Boukhâri.).
A l'agonie, le grand-père confia la garde de son fils Mohammad (il le
considérait comme son fils car il l'aimait beaucoup) à son oncle paternel Abou
Taleb car il est le frère germain de AbdAllah, le père du Prophète (BP sur lui).
Ainsi, on peut dire que durant huit ans, le Prophète est passé par cinq foyers :
celui de sa mère, ensuite celui de Halima au désert, puis de nouveau chez sa
mère, ensuite chez son grand-père et sa femme pour deux ans, et finalement chez
son oncle qui avait dix enfants. De nos jours, des jeunes, âgés de vingt ans et
qui font des études à l’étranger ne supportent même pas de vivre loin de leurs
parents.
Mais, est–ce que ces foyers étaient semblables ? Non, en effet, ils étaient tout
à fait différents : un foyer au désert, un autre où vivaient deux personnes
âgées (son grand-père et sa femme), un troisième où vivait son oncle avec ses
dix enfants. C’est la raison pour laquelle, personne ne s'occupait de lui et
c'est pour cette raison aussi qu'il était illettré mais il a dit que c'est Allah
qui l'a bien éduqué. Mais pourquoi ce déplacement ? Pour apprendre à être
responsable de soi, être sérieux, fort, volontaire, souple, c'est-à-dire capable
de s'adapter adroitement aux exigences de la situation car plus tard il allait
affronter des circonstances très diverses, donc il aura eu besoin de toutes ces
qualités. Ce qui est étrange est que malgré toutes ses douleurs, le Prophète (BP
sur lui) a toujours trouvé la tendresse pour être clément : Allah l'a privé de
sa mère et lui a donné la tendresse de son grand-père. Aussi, la femme de ce
dernier n'était-elle pas sa grand-mère, mais elle était Hala la cousine de sa
mère ; puis Abou Taleb était clément envers lui. Il ne s'est pas converti à
l’Islam, néanmoins il a défendu le Prophète (BP sur lui) toute sa vie durant. En
outre, la femme de Abou Taleb, Fatima bent Assad, qui aura été quelques années
plus tard la belle-mère de la fille du Prophète Fatima, était tendre envers lui.
Avez-vous compris maintenant le sens de " Ne t’a-t-Il pas trouvé orphelin?
Alors Il t’a accueilli ! "
Apprenez donc du Prophète, si vous passez par des moments très difficiles,
dites-vous qu’Allah vous prépare pour de grands sujets dans l’avenir. A cet
égard, notez bien qu’Allah, Exalté soit Son nom, aime Ses Prophètes mais Il leur
a fait endurer des épreuves très difficiles, et c'est à la fin qu'Il leur a
attribué Sa victoire. Le peuple de Nouh (Noé) – que le salut soit sur le
prophète Noé – l’a maltraité et s’est moqué de lui, mais après quelque temps il
fut sauvé par l’Arche. Abraham -salut sur lui- a été jeté dans le feu, mais
ensuite Allah l'a nommé Son ami rapproché ; le noir des yeux de Ya’coub (Jacob)
-salut sur lui- a disparu car il a été tout absorbé par son affliction et sa
peine d'avoir perdu Youssoûf (Joseph), mais enfin, il a retrouvé la vue au
retour de son fils. De même, Moussa (Moïse) -salut d’Allah sur lui- a quitté
l'Egypte par peur de Pharaon, mais il y est retourné après avoir remporté la
victoire et Allah lui a parlé de vive voix. Aussi, les incroyants ont accusé
Mariem (Marie), mère de Issa (Jésus), de déshonneur, puis Issa est devenu un
miracle connu par le monde entier ; Mohammad était orphelin, il a été chassé de
la Mecque mais y est retourné victorieux et il a dit à ses ennemis : "Allez,
vous êtes libres." Avez-vous vu les arrangements d’Allah dans Son univers ?
Le Prophète (BP sur lui) a donc vécu chez Abou Taleb jusqu'à l'âge de vingt-cinq
ans. Il vivait avec ses dix cousins parmi lesquels citons Okaïl, qui aura été
son ennemi mortel et Jaâfar qui aura été son bien-aimé. De longues années plus
tard, le Prophète a élevé chez lui son cousin Ali ibn Abi Taleb, par fidélité
envers son oncle. Aussi, cinquante ans après, il est resté fidèle à l'égard de
l'épouse de son oncle : il l'a ensevelie dans son unique manteau malgré la
froideur de l'hiver. De plus, il a dormi dans son tombeau par clémence envers
elle. Les compagnons l'ont vu pleurer cette femme plus que Ali son fils ne l’a
fait et quand ils lui ont demandé la raison, il a répondu : ‘parce qu'elle m'a
éduqué dans mon enfance’. Ainsi, on peut dire que la fidélité est très
importante : cherchez ceux qui vous ont aidés, remerciez-les et essayez de leur
rendre service.
Mohammad (BP sur lui) a pris conscience que son oncle était pauvre, alors il lui
a demandé à pouvoir travailler. Il se peut qu'il se disait : " Je suis orphelin
et je vais continuer à vivre chez mon oncle " sans se soucier de sa pauvreté,
comme on le voit aujourd'hui, mais non. Mohammad a travaillé jusqu'à l'âge de
quinze ans, comme berger, quoique ce métier ne convienne guère au fils du chef
de Qoraïche. Il est à noter que tous les Prophètes ont été des bergers. Ce
métier a appris au Prophète (BP sur lui) la patience, comment rassembler les
moutons lorsqu'ils sont dispersés, comment les protéger contre leurs ennemis ;
en effet, lui allait garder son peuple contre les ennemis plus tard. Mais
pourquoi les moutons et non pas les vaches ou les chameaux ? En fait, les
moutons se dispersent rapidement, contrairement aux vaches et aux chameaux qui
aiment se rassembler dans un endroit précis ; c'est ainsi que le Prophète (BP
sur lui) aura appris à réunir sa communauté.
A l'âge de quinze ans, il a dit à son oncle qu'il voulait changer de métier et
désirait l'accompagner aux voyages de commerce dirigés vers la Syrie.
Instruisez-vous donc de votre Prophète, vous les jeunes qui souffrez du
chômage : il a travaillé dans le commerce pendant vingt années. Mais pourquoi le
commerce ? Le commerçant est l'homme le plus apte à connaître les caractères des
gens, ce qu'on ne peut pas découvrir à la mosquée. Aussi, il n'est pas aisé de
tromper un commerçant. Jusqu'à présent, il n'est pas question de miracles car le
Prophète s'instruisait de la vie. De ce fait, on peut constater que les
histoires de Mohammad et de Youssoûf (qui a appris l'économie dans la maison de
Al Aziz) sont celles d’hommes qui ont déployé des efforts considérables et c'est
ainsi qu'ils ont atteint le succès.
De plus, à l'âge de quinze ans, le Prophète (BP sur lui) a participé à la guerre
qui a eu lieu à Qoraïche, et c'est ainsi qu'il a appris l'art militaire. A la
suite de cette guerre, Qoraïche a signé un pacte avec ses ennemis, alors
Mohammad (BP sur lui) a appris comment négocier un accord de paix.
Conclusion :
Demain, nous raconterons l'histoire du prêtre Bahira et le mariage du Prophète
avec Khadîdja. Maintenant, Résumons les leçons tirées de l’épisode de ce soir :
·
Nous avons appris à être fidèles,
·
à travailler,
·
à être prêts à tout apprendre, si nous voulons réaliser la renaissance de nos
pays. Et ceci ne saura avoir lieu par le biais de gens qui ne savent que faire
la Salât.
Je souhaite avoir réussi à vous donner une image claire de l'enfance du
Prophète.
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