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Huit jours séparent les jeunes et les prédicateurs du voyage au Danemark, pour participer au dialogue. A vrai dire, je ne vais pas parler de l’affaire du Danemark comme étant un événement isolé. Mais je voulais profiter de cette affaire et tout ce qui en a découlé en promulguant des règles simples pour exprimer comment nous envisageons l’avenir à partir de ces règles là. Les événements à venir seront certes multiples et itératifs, je voulais donc profiter de cette occasion pour vous parler de la renaissance que nous visons à provoquer durant les vingt ans à venir et vous proposer deux règles essentielles à suivre.

 

Je ne suis pas là pour vous parler de la question du Danemark en détails, le sujet est déjà clos, mais je voudrais parler de plus que ça. Vous souvenez-vous de l’incident du ‘Ifk, la calomnie qui a visé le Prophète (BP sur lui) et les siens (sa femme) ? Comment les compagnons ont-ils réagi à cette calomnie ? Ils l’ont traitée comme étant une affaire d’actualité, donc instantanée. Mais comment est-ce que le Coran a traité le sujet ? Le noble Coran en a fait des règles à suivre par la Oumma islamique entière jusqu’à jour du Jugement dernier. Cette histoire est donc changée d’un état temporel, limité sur la durée, à des règles divines et donc universelles.

J’envisage l’affaire du Danemark de la même manière : je vise à ce qu’on en sort avec des règles qu’on pourra appliquer si le sujet se répète et aussi pour nous en servir à faire notre renaissance des vingt ans à venir.

 

Je disais donc qu’il y a deux règles :

 

Je présenterai la première règle à travers l’histoire de Khabbab Ibn Al-Arath, le noble compagnon. Khabbab est allé voir le Prophète (BP sur lui), exténué de fatigue à force de mal enduré et des dommages à long terme qu’il a dû subir, et l’injustice qu’il a dû supporter. Il lui a demandé : « N’invoquez-vous pas Allah pour nous soutenir ? N’implorez-vous pas Allah pour nous secourir ? ». Le Prophète (BP sur lui) était appuyé contre la Ka‘ba, se reposant. A ces paroles, il se refrogna, s’assit et lui dit : "par Allah, les gens qui vous ont précédé, on les coupait en deux avec des scies et ceci ne les détourna point de leur religion. Par Allah cette religion triomphera au point où l'on marchera de Sana’ à Hadrumète sans craindre autre qu'Allah ou les loups pour son troupeau. Mais vous vous empressez…"

 

Ce hadith renferme la première règle, c’est pour cela que nous allons l’analyser en détails, puisqu’en fait, il porte sur la question du Danemark.

  • Khabbab est allé voir le Prophète exténué à force d’injustice et de mal opérés contre lui et épuisé de torture et de mépris qu’il a dû supporter. Il est venu réclamer tant d’années dans cette situation et demander au Prophète d’invoquer Allah parce qu’il se sentait fatigué et à bout. Il pensait que ça devrait cesser puisqu’il était devenu incapable d’en supporter plus. Vous souvenez-vous de la dernière atteinte qu’il a dû subir, non seulement lui mais le Prophète également ?
  • Vous souvenez-vous quand ils récitaient de la poésie (étant l’art et la littérature par excellence à l’époque) et traitaient le Prophète de ‘Moudhammam’ (le blâmable) au lieu de Mohammed (le loué) et se moquaient ainsi de son nom. Les compagnons avaient du mal à entendre ce qualificatif se répandre et le Prophète (BP sur lui) leur disait : Ne vous en faites pas, ils insultent un Moudhammam (blâmable) et je suis Mohammed (loué). ” : laissez-les ! Ce n’est pas moi qui serai affligé par ce qu’ils disent.
  • Il a enduré (BP sur lui) d’autres genres de malfaisances : ‘Oqba Ibn Abi Ma‘ith attendait qu’il se prosterna près de la Ka‘ba, et apporta les entrailles d’un chameau mort pour les lui jeter sur son dos. Le Prophète a dû rester prosterné jusqu’à ce que sa fille Fatima vienne tout en larmes et les lui enlève. Il lui a dit : « Ne pleure pas O ma fille, Allah accordera le triomphe à ton père». Ou encore lorsque ‘Oqba Ibn abi Ma‘ith attendit que le Prophète soit en état de Salât pour lui enlever sa cape et l'enroulait sur sa tête pour l'étouffer.
  • Khabbab Ibn Al-Arath lui-même, a subi un mal énorme. Vous souvenez-vous de ce qu’il a subi lorsqu’il est allé voir le Prophète (BP sur lui) ? Ils l’ont capturé et l’ont mis sur des charbons ardents et ils ne s'arrêtaient que lorsque la graisse de son corps fondait et éteignait les charbons! C’est dans cet état qu’il est allé voir le Prophète pour lui annoncer tout le mal qu’ils enduraient, lui et les autres et pour lui demander d’invoquer Allah pour eux. Le Prophète fait des invocations tout le temps. Pourquoi donc cette demande ? En fait, Khabbab avait lu dans le noble Coran qu’il y avait des nations entières dont ‘Ad et Thamoud, qui ont été châtiées et anéanties par ordre d’Allah puisqu’elles ont fait du tort aux messagers et prophètes. Khabbab voulait donc que le Prophète (BP sur lui) oriente ses invocations pour demander le secours d’Allah et qu’Il permette la victoire à ses fidèles.

 

Le Prophète, de sa bonne nature, aurait pu calmer Khabbab et lui dire de ne pas s’en faire. Mais, il s’est mis en colère, parce qu’il a (BP sur lui) un but à accomplir dans les vingt ans qui suivaient cet incident. But qui a réellement vu le jour vingt ans plus tard. Notez que Khabbab était venu lui parler des maux du passé et du présent alors que le Prophète visait le futur. Khabbab disait que le mal est devenu insupportable et le Prophète (BP sur lui) s’est mis en colère parce que Khabbab ne vivait pas pour voir le rêve devenir réalité. Le Prophète (BP sur lui) avait un rêve pour lequel il vivait et allait le lui montrer et le lui expliquer dans les mots qu’il avait prononcé : « Par Allah cette religion triomphera au point où l'on marchera de Sana’ à Hadrumète sans craindre autre qu'Allah ou les loups pour son troupeau». Il lui dit cela alors que la péninsule arabe grouillait de détrousseurs et de pillards et la sécurité n’était que chimère. Le Prophète (BP sur lui) annonçait sa vision future dans 20 ans : la sécurité se répandra. A l’époque, c’était comme s’il annonçait quelque chose d’incroyable. C’est comme s’il disait de nos jours qu’il y aura une renaissance dans vingt ans, vision qui est conçue comme impossible.

Alors la première chose que le Prophète annonçait à Khabbab était la sécurité. Il appuya encore ses dires par : « …l'on marchera de Sana’ à Hadrumète sans craindre autre qu'Allah ou les loups pour son troupeau». à force de foi ancrée dans les âmes. Il y aura donc :

-          Sécurité,

-          Foi, et enfin

-          Richesse au point que les troupeaux seront étendus de Sana’ jusqu’à Hadrumète (explication de la séquence « … ou les loups pour son troupeau »). Une renaissance économique dépassant toute borne. Il ne s’agira pas simplement des quelques bêtes que les uns ou les autres possèderaient. Toute cette étendue de désert sera un pâturage de cette richesse animale.

 

Le Prophète venait donc d’annoncer à Khabbab trois aspects du rêve futur alors que Khabbab était venu lui parler des maux passés ou présents. Invoquer Allah contre les infidèles n’a pas d’objectif. Il lui demandait de les maudire mais lui avait une autre vision qu’il gardait droit devant les yeux. Avez-vous remarqué ce dont Khabbab est venu réclamer et vers quoi le Prophète (BP sur lui) l’a ramené ?

 

Il y aura donc renaissance et renouveau économique. Notez que le Prophète (BP sur lui) a focalisé sur les trois aspects les plus manquants de son environnement. La société de l’époque avait besoin de sécurité et de sûreté, de foi fervente, et de recrudescence économique. Le Prophète (BP sur lui) avait un rêve et à partir de ce rêve il a forgé ses trois objectifs, même s’ils étaient si durs à fixer comme buts à accomplir.

 

Le Prophète (BP sur lui) ne voulait pas manifester une réaction vis-à-vis du mal annoncé par Khabbab mais il voulait que ce dernier vive le rêve. C’est pour cela qu’il lui a dit à la fin de sa réplique : « …Mais vous vous empressez…"  Le but sera atteint, mais il ne le sera certes pas à partir de la seule réaction immédiate, mais par le labeur continu. Après vingt ans, ce que le Prophète a dit fut réalisé : le voyageur qui parcourt la distance, la femme qui va en pèlerinage de la Héra et atteint la Ka‘ba ne craignant qu’Allah seul.

 

Les paroles de Khabbab ont pris source du mal vécu au passé, du poids de l’injustice qui ne le quittait plus, et du sentimentalisme d’un fervent croyant qui aime sa religion et son Prophète alors que celles du Prophète (BP sur lui) ont pris source de l’espoir à venir au futur, de la vision du rêve que la Oumma allait réaliser et du rationalisme planificateur du fidèle. Khabbab manifestait un réflexe, alors que le Prophète affichait une véritable initiative avec une idée et une vision claires.

 

Après cette histoire opposant le réflexe de Khabbab à l’initiative du Prophète, faisons le lien entre ce qui s’est passé et ce que nous vivons aujourd’hui. Je répète qu’il ne s’agit pas de la question du Danemark uniquement parce qu’elle finira tôt ou tard, mais planifions pour une renaissance de cette Oumma. La règle dit : Il y a deux écoles :

 

-          l’une dit que les réactions ou les actions d’une Oumma doivent être conditionnées par ce qu’elle a enduré durant les vingt dernières années

-          l’autre conçoit que les réactions ou les actions d’une Oumma doivent être développées selon le rêve ou objectifs en vue, dans les vingt années à venir

 

La différence est flagrante entre les deux conceptions. En d’autres termes, l’une des écoles envisage que  tout notre comportement doit avoir comme assise les vingt années passées, c’est-à-dire en réaction à ce qui nous a été infligé ou ce que nous avons vécu ; Tandis que la deuxième école s’oppose à cette théorie et établit celle de la vision future : ainsi, nos actions devront-elles avoir comme assise notre objectif à atteindre, comme le Hadith susmentionné indique. Au niveau des actions, la première école se permet de résister et de combattre toute transgression passée ou présente moyennant tout ce qui est légitime et à la portée. L’autre école conçoit que la planification du futur moyennant un objectif clair et bien étudié est le seul outil apte de changer la surface des choses, une fois réalisé.

 

Je dirais que la première des écoles voit que la nation est semblable à une ambulance : chaque fois que l’état d’urgence est annoncé, elle rattrape les dégâts par-ci et par là. Notez que nous ne prétendons pas à l’inutilité de cette ambulance. La seconde école voit que la Oumma doit semer les graines malgré les tempêtes, voire même oublier qu’il y a des tempêtes. S’appuyant sur la volonté d’Allah, les graines semées deviendront de belles plantes et certes il y aura une bonne moisson. Les deux écoles sont respectables et la relation entre les deux écoles doit être la compréhension, la complémentarité et la considération. Les Hadiths du Prophète (BP sur lui) leur conviennent à toutes les deux : « Les deux sont bienfaisants pour leur bonne intention » « Celui qui fait un effort et a bien fait, aura une double récompense, et celui qui fait un effort et s’est trompé aura une récompense unique ». Je me rappelle à ce stade le mot de Dr. Ali Joumou‘a, le mufti de l’Egypte : « Il y a des rôles et il y a des dossiers, difficiles à la compréhension (pour beaucoup de gens) tant ils sont enracinés et profonds ».

La vérité est relative, et les deux écoles sont donc dans le droit chacune puisque l’objectif est cher au cœur et que le but à atteindre est clair et cher également.

 

Pour les jeunes, c’est un droit acquis d’avoir une vision future qu’il faudra planifier et bâtir. A vrai dire, la question du Danemark n’a pas poussé comme un champignon. Nos pas à nous, les bâtisseurs de la vie, sont clairs. Nous avons bien annoncé aux jeunes d’avoir des rêves pour les vingt ans à venir. Nous avions en tête le fait que le Prophète voyait de l’avant et que nos actes ne soient pas des réactions simplement. C’est pour cela que notre objectif était de concevoir nos pays dans vingt ans. Je me rappelle qu’à l’époque les jeunes, les femmes, les filles et même les enfants ont commencé par nous envoyer leurs rêves. La surprise était bonne à la fin puisque nous avons reçu 700 milles rêves, ce qui trahit combien les gens veulent un meilleur avenir, et combien ils aimeraient se regrouper pour aboutir à ce rêve.

Après avoir reçu ce nombre de rêves, nous avons pensé à les trier par groupes et par priorité. Les gens ont commencé à faire des groupements selon les thèmes comme le chômage ; la santé, l’enseignement ou la religion… Ne sommes-nous pas revenus au Hadith du Prophète (BP sur lui) à propos de la sécurité, la foi et le renouveau économique ? Nous avons donc choisi comme slogan « la renaissance par la foi ». C’est à ce point précis là que la première règle prend source : Nous voulons avoir l’initiative de penser l’avenir.

 

Durant les épisodes « sur les pas du bien-aimé », j’ai dit qu’il faudra apprendre du Prophète (BP sur lui) qu’il est celui qui prend l’initiative, qui planifie pour le futur. Il est clair qu’il n’y a aucun espoir dans cette Oumma si elle ne forge pas son rêve pour la durée des vingt ans à venir. Le jour du traité d’Al-Houdaïbiya ‘Omar Ibn Al-Khattab avait demandé au Prophète (BP sur lui): « Pourquoi sommes-nous contraints d’accepter le moindre dans notre religion » puisqu’il voyait que le traité était plein de sacrifices et de concessions. Les temps ont changé : durant les deux ans qui ont suivi le traité, le nombre des fidèles à doublé par rapport au nombre qui avait embrassé l’Islam depuis le début de la prédication. C’est parce que le Prophète planifiait pour le futur, et a fait des renoncements qui n’avaient pas de poids à ce stade là.

 

Je m’arrête pour clarifier un point : mes paroles ne vont pas à l’encontre de la résistance à ce que la Oumma vit ou reçoit comme coups. Il ne s’agit certes pas de penser l’avenir et de laisser de côté la Oumma à son sort. Je ne peux même pas dire une chose pareille. Je disais donc que pour la question du Danemark, nous devons hausser notre voix et réclamer nos droits. Mais je dis aussi qu’il ne faudra pas que nous soyons uniquement une ambulance. Il faudra aussi que la Oumma ose prendre l’initiative et qu’elle ne se contente pas de répondre par un réflexe. C’est par là que nous avons commencé parce que les générations actuelles ont oublié ce que c’est que de prendre l’initiative. On croit que nous sommes « taillés » pour résister et non pas pour faire des plans pour notre futur. Je vous dis sincèrement qu’il faut planifier pour notre avenir tout comme ces jeunes qui se sont regroupés pour le voir se réaliser dans les vingt ans à venir ; et que les gouvernements, les Ulémas, les penseurs, les professeurs, les créateurs, les femmes… s’intéresseront aux rêves de ces jeunes en vue de les améliorer. Ne faudra-t-il pas se pencher sur les œuvres de ces jeunes, même s’ils sont très jeunes par rapport aux grands Ulémas ? Les corriger s’il le faut et leur dire où résident les défauts pour les rectifier ? Cette école est donc à faire valoir.

 

Nous nous sommes intéressés à des caricatures, faites par un homme vil. Nous les avons tous cherchées et vues. Ne vaudrait-il mieux pas se pencher sur ce que les jeunes ont planifié pour l’avenir et leur vision future ?

Je lance un appel là aux sages et Ulémas de la Oumma : je vous en prie, contemplez ce plan mis pour l’avenir par des jeunes hommes et filles. Leurs rêves pour leurs pays s’y trouvent. Ainsi, il y aura des initiatives et des rôles avec un respect mutuel. Je dis sincèrement que si aucun intérêt ne sera porté aux œuvres de ces jeunes, que s’il n’y a pas une réelle considération de la part des grands à cette école qui conçoit l’avenir, et si nous ne fixons pas nos rêves par nous-mêmes, certes d’autres viendront pour le faire à notre place. Imaginez que cela soit fait, je ne pense pas qu’il y aura une seule image de nous mais plusieurs à grands formats. La conséquence serait que nous n’aurons qu’un avenir obscur.

Ne sommes-nous pas de nos jours le fruit d’une image faite de nous depuis une centaine d’années ? C’est cette image que nous traînons maintenant parce que nous n’avons pas fixé notre image un siècle auparavant. Cette école est donc susceptible de respect pour son esprit tout en respectent les deux écoles.

Ceci est donc la première règle que j’ai voulu établir à partir de l’affaire du Danemark et de l’histoire de Khabbab Ibn Al-Arath.

 

La règle numéro deux se rapporte aux musulmans à l’Occident. Que savons-nous des musulmans à l’étranger ? Quel serait l’impact de nos actes sur nos confrères en Europe ? Permettez-moi de témoigner étant donné que j’étais musulman résident en Europe depuis 2002 jusqu’à 2006. J’étais témoin oculaire durant ce laps de temps. Imaginez la situation : nous nous sommes réveillés un beau matin, nous les musulmans en Arabie Saoudite, en Egypte ou au Maroc, pour voir des caricatures dénigrantes. Nous nous sommes levés contre ces images et nous en avions bien le droit. Nous avons même boycotté les produits provenant de notre agresseur, et nous sommes encore une fois dans notre droit (hormis la violence). Cependant, il y a un épisode raté : vous n’avez pas tout vu. Il faudra voir toute la scène et non pas des fragments pour en juger de l’événement, et mesurer son ampleur et son impact sur les autres. Permettez-moi de vous raconter des scènes que j’ai vécues en témoin oculaire pour que vous ayez une vue globale. Je ne vais pas choisir les scènes rares mais celles considérables. Je ne vais pas non plus en parler de façon scientifique mais en style narratif. J’appellerai ça « contes de l’Occident ». Vous y trouverez des histoires à propos des musulmans en Occident.

 

Je vois l’image et j’aimerais bien que vous l’imaginiez vous aussi. Dans cette image, il y a un docteur qui s’appelle Dr. ‘Omar Cheïkh, un docteur musulman et pratiquant. Son cabinet est toute sa préoccupation. Il y a deux semaines, ce docteur a été contacté par le ministère de la santé de Grande Bretagne pour superviser tous les cabinets britanniques d’autres docteurs qu’ils soient musulmans, chrétiens, juifs ou Indou, se situant au centre du Royaume. Le ministère lui a adressé cette demande pour suivre les cabinets et donner l’exemple parce qu’il était le meilleur parmi tous. Cette histoire n’est peut être pas connue.

 

Voici encore une autre image, dégradante cette fois : un musulman qui a pu s’installer en Europe à cause d’un faux Visa. Il est parvenu à bénéficier de l’aide sociale (celle du chômage). Les ennemis de l’Islam l’ont choisi pour qu’il soit médiatisé. A la télé, il a dit à la lettre : « nous allons vous chasser de la Grande Bretagne (Notez qu’il bénéficie de l’aide sociale) et nous allons occuper vos terres, et nous procurer vos femmes et filles. Tous seront tributs pour nous. Nous pénétrons vos terres avec la seule intention de les coloniser (Notion fausse du Djihâd) pour que vos femmes et vos biens nous soient licites » Il croyait faire une anecdote en ajoutant : « Parfois, quand nous oublions notre devoir du Djihad, et que nous entrons puis sortons avec vos filles et vos biens, nous ne lâchons pas prise et nous revenons encore ». C’est là un exemple des plus fautifs, rare mais il existe hélas.

 

Il y a encore l’histoire de Oussama, syrien résident en Autriche. Il vit dans un petit village. Il voulut se présenter en tant que pompier bénévole (la protection civile est une tâche bénévole) et participer aux actions civiles. La réponse était moqueuse : « Nous vous avertissons que nous n’éteignons pas les feux ayant lieu dans les maisons des musulmans seulement ! ». Il a naturellement demandé la raison de cette remarque, et à eux de répondre : « Parce que vous, sur nos terres, vous ne vous occupez que de ce qui vous revient seulement. Vous venez pour prendre sans donner. Alors que nous les pompiers, on a le devoir de faire notre tâche dans toutes les maisons ». Ils se moquaient de lui. Il leur a dit : « Je suis venu pour effectuer la tâche dans toutes les maisons sans exception, et non pas celles des musulmans seulement ». Il est donc devenu pompier bénévole. Il me rapporte qu’après deux mois, il était considéré comme le plus aimable dans son petit village au point qu’une personne est venue lui dire que l’Islam était beau.

 

Un autre conte encore : un jeune arabe dont l’histoire a été divulguée il y a quelque années. Il était descendu dans le métro la nuit pour le trouver vide. Il avait en sa possession une lame. Il s’est assuré qu’il n’y avait personne pour le regarder et il a commencé à déchirer l’habillage des sièges… une forme de revanche. Sauf qu’il n’a pas fait attention que les caméras du métro avaient tout filmé. Ces images ont été diffusées dans les chaînes télévisées et les journaux.

 

Je n’ai pas utilisé d’euphémisme en vous racontant ces histoires parce que je respecte le fait que je vous les raconte en témoin fidèle, sachant que le témoignage a un poids considérable dans notre religion.

J’ai encore une autre image à vous communiquer, celle du Dr. Hani Al-Banna à la tête d’une association noble : le secours islamique. Il diffuse dans le monde le secours, la miséricorde et le bien. C’est un personnage dont les musulmans d’Europe sont fiers mais aussi les occidentaux.

 

Il me revient à l’esprit l’image de ma femme après les événements du 07 Juillet, elle avait pris le bus. Notez que les explosions du 07 juillet ont eu lieu dans les moyens de transport communs tels que bus et métros. Ma femme portait notamment son voile. Le chauffeur a arrêté le bus et les voyageurs ont demandé à ma femme de se faire fouiller ou de descendre parce qu’ils ont peur pour leurs vies. Il n’y avait aucune loi l’obligeant à se faire fouiller ou à descendre contre son gré. Ma femme était gênée de la situation et elle a refusé de se faire fouiller puisqu’elle n’a rien fait de mal et qu’aucune loi ne leur donnait le droit de la fouiller. Ils lui ont donc demandé de descendre, sans quoi le bus ne bougera pas. Le bus est donc resté sur place et les gens ne voulaient pas se déplacer de peur. Elle fut donc obligée de se retirer du bus calmement, en pleurant. Elle fut surprise aussi par l’attitude d’une femme britannique qui est descendue derrière elle pour s’excuser parce qu’ils veulent survivre.

 

Je vais vous raconter aussi l’histoire de Dan, un musulman anglais. Cette personne s’est convertie à l’Islam grâce à une action de son camarade à l’université. Ce camarade ramassait et jetait dans une corbeille des feuilles jetées dans l’enceinte de l’Université.

-          Les arabes se préoccupaient-ils de ça ? demanda-t-il 

-          Notre Prophète même nous l’a recommandé, répondit le camarade

-          Votre Prophète vous l’a demandé alors qu’il vivait en plein milieu du désert ! s’exclama Dan surpris.

-          Absolument, répliqua l’autre. Viens que je te raconte ce qu’il nous a recommandé encore.

Dan s’est converti à l’Islam et sa famille l’a renié. Il était un étudiant passable et après sa conversion, il est devenu majeur à l’université de médecine. Il s’est réconcilié aussi avec sa famille et il s’est marié avec une égyptienne résidente en Angleterre. La famille de Dan a béni son mariage. Dan est un jeune homme, brillant, beau : un modèle en bref.

 

Je vois aussi des quartiers dans lesquels se regroupent les musulmans. Un conseil : n’y allez pas ! Les occidentaux n’y vont pas non plus parce que la drogue et les crimes y sont monnaie courante.

Il y a aussi des musulmans vivant en occident qui ont atteint le summum de la réussite. A l’apogée de leur succès, ils ont eu honte de leur religion. Ils ont dès lors considéré que pour bien s’intégrer en occident, ils doivent placer l’islam au cercle de leurs moqueries. La conséquence en est qu’ils ne valent pas grand-chose aux yeux de l’Occident. Les résultats s’enchaînent : nous tous, notre culture et civilisation n’ont plus de poids en Occident.

 

Il y a aussi gravé en mon esprit un endroit magnifique au cœur de la ville de Birmingham qui s’appelle « amanat Mou‘ad ». Cet endroit a été préparé par nos frères yéménites. Vous y trouverez des activités diverses : la science, la culture, le sport, le respect du culte, le bien. Mais malheureusement, cet endroit est renfermé sur les musulmans. Aucun occidental ne vient le visiter parce qu’on ne les y accueille pas. Ils ne le font pas exprès, mais leur mentalité les isole des autres et les oblige à vivre seuls.

 

Je vois également dans la photo d’excellents prédicateurs. Ils ont commencé à réussir et à parler dans les médias le langage que l’occident comprend. Malheureusement, ils sont peu nombreux et donc insuffisants pour opérer un changement sur l’opinion publique.

Ceci est la partie de l’image que je vois à propos des musulmans vivant en Occident. Je vais compléter l’image par des histoires de non musulmans pour que la scène soit complète et claire à vos yeux, afin de comprendre l’épisode des caricatures qui est venu après plusieurs autres scènes.

 

Je vais vous parler d’un monsieur qui possède une chaîne satellite. Il porte envers les musulmans une haine aveugle. Notamment, il ne diffuse à travers sa chaîne que les images pouvant salir davantage les musulmans et l’Islam. Même quand une personne de bien parle, il focalise sur le pire de ses paroles.

 

Je me rappelle aussi de Dr. Ma’moun Al-Moubaïedh, éminent professeur en sociologie. Il vit en Irlande. Le docteur a déménagé dans une nouvelle maison avec sa famille constituée de sa femme voilée et ses enfants. Le docteur a déménagé en un jour pluvieux, de nuit, alors que l’électricité était coupée (c’est un cas rare en Europe). On frappa à sa porte. Le docteur est allé voir qui venait le voir à cette heure-ci et en ce temps là. C’était sa voisine, une vielle femme irlandaise qui est venue lui donner des bougies parce qu’elle craignait pour les enfants. Elle a considéré indécent qu’ils restent dans l’obscurité (sachant que c’est leur première nuit dans la nouvelle maison).

 

Je vois aussi dans l’image, Midou, l’excellent joueur de football. La première fois qu’il est descendu sur le terrain, les spectateurs racistes l’ont hué parce qu’il était arabe et musulman. Mais je vois également le reste du public qui l’a scandé et l’a encouragé.

Il y a aussi mon voisin en Grande Bretagne, qui nous regardait avec mépris la première fois que nous nous sommes installés. Il était même triste d’être voisin de gens comme nous ! Mais je me rappelle de lui un mois plus tard, et grâce à notre gentille attitude islamique envers lui. Il savait que je voyageais beaucoup et que ma femme devait s’occuper de notre fils et l’emmener elle-même à l’école. Alors il se réveillait tôt le matin, pour débarrasser la neige de sur la voiture de ma femme pour qu’elle ne soit pas obligée de le faire par elle-même.

 

Je me rappelle aussi d’une autre histoire ayant lieu à Heathrow, l’aéroport de Londres. Parmi les agents de douanes, j’ai vu une femme voilée. C’est elle qui était chargée de vérifier les passeports et signait l’accès. Dans nos pays, les femmes voilées sont quasiment interdites pour certains postes.

 

Je me souviens aussi de mon ami Mustapha ‘Abbas qui voyageait de Suisse vers l’Autriche. Au cours du voyage, mon ami s’est levé pour aller faire ses ablutions. ‘Abbas a regagné son siège et a commencé la Salât en prononçant notamment « Allah Akbar »[1]. Rien que parce qu’elle a dû entendre cette expression durant des attentats, l’hôtesse de l’air a cru qu’il s’agissait d’une attaque à la bombe et que ce que disait mon ami était un signal. Elle a donc signalé ce qu’elle a cru à la cabine de pilotage. L’avion a vite fait demi tour et est retourné à l’aéroport de départ. Mustapha a été arrêté et l’avion fut passé au peigne fin. Quand ils n’ont rien trouvé, ils ont demandé à l’hôtesse de l’air. A sa connaissance, l’expression que mon ami a utilisée était celle des attentats à la bombe et non pas celle de la Salât. Mon ami fut relâché avec des excuses.

 

Il y a aussi dans la photo, Karima, une marocaine résidente en France. Elle étudie la comptabilité. Durant son parcours universitaire, la loi contre le port du voile a été promulguée. Cette loi interdisait le port du voile dans les écoles et non pas aux universités. Karima à cette époque portait le voile depuis bien longtemps avant la promulgation de la loi. Cependant le professeur de comptabilité qui avait une dent contre les musulmans lui a annoncé qu’il mettra tout en œuvre pour voir ses cheveux. Elle lui a répondu que même si elle devait enlever son voile, elle le substituera par un chapeau chic des filles de haute classe française. Il a insisté. Certains de ses collègues ont joué l’intermédiaire et le professeur a accepté qu’elle assiste à son cours mais en restant en arrière de la classe.

 

Dans la photo, il y a aussi un ministre allemand. Ce dernier recevait un comité musulman qui est allé le voir pour réclamer certaines demandes. Il leur a répondu : « Pourquoi vous vous hâtez ? Vous vous multipliez et croissez tandis que nous vieillissons et diminuons (en nombre). Dans presque vingt ans, vous deviendrez la force motrice en Europe »

 

Je vois également dans la photo, Dr. Walter, professeur à l’université d’Oxford. Au cours d’une visite, je lui ai demandé « Jusqu’à quand un poids deux mesures? ». Il m’a dit : « Soyons pratiques. Tu connais parfaitement quel regard porte la majorité des européens sur les musulmans. Ils croient que vous êtes venus pour profiter de la liberté, de la science, de l’argent et de la couverture médicale. Qu’avez-vous donné en échange ? Vous avez partagé la terre et ne lui avez rien apporté. N’est-ce pas toi qui dis que votre Prophète vous a enseigné que « la main supérieure est meilleure que la main inférieure ». Observe les musulmans autour de toi, combien d’entre eux nous donnent ? Et combien d’entre eux prennent sans rendre ?

Dans la photo, il y a également Debby, une anglaise qui s’est convertie. Son mari s’est séparé d’elle et sa mère l’a renvoyée. Elle n’a pu avoir que son fils Shawn. Nous l’avons connue dans la fondation de Right Start puisqu’elle y travaillait. Shawn se demandait tout le temps pourquoi l’Islam les a contraint à se séparer des leurs. Shawn avait 10 ou 11 ans. Il m’accompagnait parfois pour voir des matchs de football ou dans les restaurants et je le consolais quand l’occasion se présentait. Une fois, il m’a dit : « c’est la première fois que je sens que l’Islam est beau ». Rien qu’un petit match de football lui aurait changé d’avis.

 

Je vois dans la photo aussi un grand diplomate. Lors d’une visite à l’un de nos pays arabes, il a rencontré un comité d’hommes d’affaires. Il leur a dit en les voyant : « Quel serait votre rêve pour votre pays dans vingt ans ? Comment est-ce que vous l’imaginez?» A vrai dire, cette histoire, je ne la tiens pas du diplomate lui-même mais d’une personne qui faisait partie du comité. La personne rapporte qu’ils ont eu des sueurs froides parce qu’ils ont dû réfléchir à la réponse. Il y avait certes quelque chose mais nous ne le savions pas à ce moment précis. Le diplomate a dit en souriant : « moi j’ai une réponse : votre pays sera tel et tel »

 

Je vois également des centaines, semblables au caricaturiste qui a osé faire les caricatures dénigrantes du Prophète ; une centaine qui détestent l’Islam aveuglément et qui aimerait que les musulmans s’enfoncent de plus belle dans l’erreur jusqu’à ce qu’ils soient renvoyés des territoires européens pour que le terrain soit débarrassé des musulmans.

 

Je vois également l’école de mon fils ‘Ali. Avant la rentrée de l’école de près d’un mois, une enseignante est venue nous rendre visite, ma femme et moi. Elle nous a annoncé que notre fils sera dans une école à majorité anglaise et à minorité musulmane et elle a demandé s’il y avait des consignes que l’école doit prendre en considération pour que l’enfant ne sente pas qu’à la maison on lui inculque des valeurs et que l’école lui dit autrement.

 

Je vois également le jour de l’Aïd. J’étais au pèlerinage mais mon fils est resté en Angleterre. Il a reçu un cadeau à la maison avec un petit mot : « Nous avons su qu’aujourd’hui est un jour de fête pour les musulmans. Nos meilleurs vœux ». Ils ne l’ont pas envoyé parce qu’ils savaient qui je suis. Mais ils ont fait de même avec toutes les familles musulmanes.

 

Enfin, je vois également dans la photo « Nando’s », un des plus grands restaurant de volailles en Angleterre (avant que l’épidémie de la grippe aviaire ne sévisse). Il a ouvert des sections dans lesquelles il n’y avait que des produits Halal.

 

Aussi, je vois une grande banque internationale, H.S.B.V qui a ouvert des guichets pour transactions islamiques.

 

Quand je leur ai demandé pourquoi donc des restaurant avec de la volaille Halal ou une banque avec des guichets de transactions islamiques, ils ont répondu que c’était parce que nous étions devenus vingt millions d’habitants et que nous progressions vers les 30 millions en Europe. Ils devaient nous satisfaire pour nous avoir comme clientèle.

 

J’espère que je vous ai communiqué une image fidèle de la réalité. Depuis le début de l’affaire du Danemark, je disais une chose que personne n’a encore comprise et qui a suscité toute cette explication : il y a en fait 3 « domaines » si j’ose dire : le domaine des musulmans, celui des ennemis de l’Islam et le plus grand domaine est celui des non musulmans neutres. Les ennemis de l’Islam œuvrent moyennant la ruse pour attirer dans leurs rangs le plus grand domaine, celui des neutres pour qu’ils deviennent des leurs. Pour faire face à l’Islam, la solution pour eux est simple : influencer le public des neutres pour en faire des ennemis de l’Islam, et ce par divers moyens. Pour en arriver à cette schématisation en trois domaines, il a fallu toutes les histoires que je viens de vous conter.

 

Il y a donc 3 domaines :

-          Le domaine des musulmans, les opprimés sur terre

-          Le domaine des ennemis de l’Islam qui veulent à tout prix exterminer l’Islam et les musulmans

-          Le domaine des neutres qu’il serait dommage de perdre

 

Il y a encore une scène et je ne sais pas si vous l’avez remarqué ou pas : les vingt millions de personnes qui vivent en Occident sont en fait un dépôt entre les mains des gouvernements et des peuples occidentaux. L’envisagez-vous comme tel ? Imaginez : ces vingt millions peuvent être exterminés ou renvoyés, dans un futur proche. Imaginez de même pour les 200 milles personnes vivants au Danemark. Avez-vous remarqué que les réactions des musulmans dans nos pays étaient différentes de celles des musulmans en Occident ? Je suis témoin oculaire, et je sais que l’affaire n’est pas une question de licite ou illicite et qu’elle n’est pas simplement dictée par la jurisprudence. Il faudra avoir une idée globale et arriver à concevoir la réalité des faits. Ces vingt millions ou ces trente millions peuvent être chassés de l’Occident dans le futur, ou exterminés. Avez-vous oublié l’Andalousie et ce qui s’est passé à l’époque ? Ou dites-vous que c’est de l’histoire ancienne ? Avez-vous oublié que nous y sommes restés 800 ans puis nous avons été chassés, brûlés, torturés, mutilés… même que certains ont dû renier leur religion pour survivre et se sont convertis au christianisme malgré eux. N’est-ce pas là notre histoire en Andalousie ? Que donnons-nous maintenant pour cette affaire ? La plupart dit que l’affaire est close puisqu’elle est vieille de plus de 500 ans. Que ferons-nous s’il arrive la même chose aux 200 milles personnes résidentes au Danemark ? Ferons-nous quelque chose face aux gouvernements, aux peuples ou aux armées ?

 

Laissons de côté l’histoire qui date de plus de 500 ans et je vous parlerai d’un fait qui a eu lieu il n’y a même pas 5 ans de cela : la Bosnie. Il y a eu une purification ethnique des musulmans : assassinats et de larges cimetières collectifs. Avez-vous donc oublié ? Qu’avons-nous fait pour la Bosnie ? Pas plus qu’une réaction. Nous revenons donc à la première règle : les réflexes. Nous avons pleuré à cause de cette atteinte et parce que nous aimons Allah et nous aimons nos confrères. Nous sommes sincères dans ces cas : la Bosnie ou le Danemark ou autres ; mais cela ne dépasse pas le réflexe.

 

Nous faisons donc face aux attaques du passé et du présent mais nous ne bâtissons pas le futur. Je suis revenu au point de départ et à la première règle. La deuxième règle nous incite à dialoguer et à cohabiter pour toutes les personnes qui sont en Occident, pour le futur de l’Islam en Europe. Ne serait-ce pas mieux ? Ou ne serait-ce pas du moins un substitut intéressant ?

 

Envisagez la question dans sa globalité et j’espère que vous avez compris ce que veut dire cohabiter, idée sur laquelle j’insiste depuis deux ans. Même le sujet de mon doctorat est intitulé « L’Islam et la cohabitation avec l’Autre ». Que voulez-vous pour les musulmans vivant en Europe ? Voulez-vous pour eux l’isolation, ou l’affront, ou la cohabitation ? Révisez donc toutes les histoires que je viens de raconter quels que soient leurs tons, formes ou horizons et interrogez-vous sur ce que nous voulons. La fille de 17 ans, voilée, vivant au Danemark et étudiant à l’université de Copenhague, n’est-elle pas notre sœur ? N’avons-nous pas peur qu’elle vive les événements de l’Andalousie, ou de la Bosnie ?

 

Il faudra comprendre que les sentiments ont une grande valeur en Islam. Mais sachons aussi que le cerveau qui planifie et qui est apte d’envisager l’image dans son entité est aussi une grande qualité. Le Prophète (BP sur lui) a pu se plier à la réaction émotive de Khabbab (pour invoquez l’alliance d’Allah). Mais il s’est mis en colère pour dire à Khabbab d’avoir la visée lointaine s’il ne se hâte pas. Apprenez ce Hadith, méditez-le et pensez-y.

 

Mon discours d’aujourd’hui n’est pas un simple mot au sujet du Danemark mais un discours pour les vingt ans à venir. Prenez-en soin et divulguez-le parmi les gens et les musulmans. Allah seul sait que j’ai invoqué Allah durant de longues heures avant de venir ici vous parler, pour Lui demander de me permettre de prononcer ce qui pourrait servir la Oumma du bien-aimé Mohammed (BP sur lui).

 

La première règle était donc de planifier et de penser à l’avenir ; la deuxième règle consiste en la cohabitation avec l’Autre. Elle est meilleure pour la paix des âmes et la conservation de la religion.

 

Qu’Allah préserve cette Oumma, la protège et hausse son rang. Que Sa volonté soit le bien dans l’avenir de cette Oumma

 

 

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[1] Allah Akbar = Allah est plus grand, expression annonçant le début de la Salât et qui se répète à chaque acte (génuflexion, prosternation…)

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