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Les Bâtisseurs de la vie
La construction de la Ka‘ba
Deuxième partie
« Notre Seigneur ! Fais de nous Tes Soumis[i],
et de notre descendance une communauté soumise à Toi. Et montre nous nos rites
et accepte de nous le repentir. Car c’est Toi certes l’Accueillant du repentir,
le Miséricordieux » (TSC[ii],
Al-Baqara ‘La Vache’ : 128).
Repentissez-vous
s’il vous plait ! Y a-t-il quelqu’un parmi nous qui n’a jamais commis un péché ?
En effet, nous avons tous commis des péchés et nous avons tous besoin du
repentir. Voyons donc les conditions du repentir sincère et essayons tous
ensemble de les remplir tout de suite.
Il existe trois conditions pour qu’un repentir soit sincère. La première est
celle du regret. Il faut regretter le fait d’avoir été alcoolique ou d’avoir
pris des drogues tout en suivant la religion d’Abraham et de Mohammad. La
deuxième est de cesser de commettre ce péché tout en s’efforçant de suivre des
cours de religion pour ne plus recommencer. La troisième est de ne plus
recommencer ce péché.
Il n’y a que trois conditions et quiconque les accomplit, ses péchés seront
effacés. Un homme est venu demander au prophète (BP. sur lui) : « Si je me
repentis, mes péchés seront-ils effacés ? ». Le prophète répondit : « oui ».
L’homme demanda : « Et mes grands péchés et les turpitudes ? ». Le prophète
répondit : « et tes grands péchés et les turpitudes ». L’homme s’en alla en
pleurant et en criant : « Allah est le plus Grand, Il pardonne même les grands
péchés et les turpitudes ». Imaginez-vous que chacun parmi nous peut se
repentir sur le champ et avoir sa feuille[iii]
toute blanche (sans aucun péché inscrit).
« Notre Seigneur ! Envoie l’un des leurs comme messager parmi eux, pour leur
réciter Tes versets.. » (TSC, Al-Baqara : 129)
Abraham demanda à Allah, il y a des millénaires, d’envoyer aux habitants de la
Mecque un messager parmi eux et c’est cette invocation qu’Allah exauça en
envoyant le prophète Mohammad (BP. sur lui). Notre prophète affirma lui-même
cela quand un de ses compagnons lui demanda : « Comment l’histoire de ta
prédication a-t-elle commencé ? ». Le prophète répondit : « Le début de mon
histoire date du jour où Abraham supplia Allah de m’envoyer ».
Ce qu’il faut donc retenir de la réponse du prophète est que Dieu exauce les
demandes de Ses serviteurs même si cela prend du temps. Tâchez d’invoquer Dieu
et de Lui présenter vos demandes car le prophète nous disait : « Allah se
fâche contre ceux qui ne l’invoquent pas ».
Et, évitez d’être pressés dans vos invocations. Le prophète dit dans un Hadith :
« Vos demandes seront exaucées si vous ne vous pressez pas ». On demanda au
prophète : « qu’est ce qu’une invocation pressée ? ». Il répondit : « de dire :
j’ai beaucoup supplié sans que ma demande ne soit exaucée, puis d’arrêter les
invocations ce qui fait que Dieu n’exauce pas la demande. S’il patientait, sa
demande serait exaucée ». Il ne faut jamais se désespérer et poursuivre
toujours ses invocations.
Il y a des gens qui commettent, par exemple, des péchés et qui se repentissent
ensuite en suppliant Dieu de les aider à ne plus recommencer. Il se peut qu’ils
récidivent mais se repentissent aussitôt et refont leurs supplications pour
arrêter ce péché. Ces gens finissent enfin par l’arrêter d’une manière ou d’une
autre. Savez vous pourquoi ? Parce qu’il faut être patient en suppliant Allah.
C’est exactement ce qu’Abraham faisait pendant la construction de la Ka‘ba : il
demandait l’assistance de Dieu. Et c’est exactement ce que nous devons tous
faire face aux problèmes qui nous rencontrent dans la vie courante que ce soit
dans le travail ou au foyer : se diriger vers le Seigneur de l’Univers pour
demander Son aide avant de la demander à qui que ce soit.
Demandez donc, d’abord, l’aide d’Allah puis essayez ensuite de trouver
quelqu’un qui puisse vous aider. Le prophète Abraham suppliait Dieu et alla
demander à son fils Ismaël de l’assister dans la construction de la Ka‘ba. On
raconte dans Al-Boukhârî que Abraham alla dire à Ismaël : « Allah m’a demandé
de lui bâtir une Maison ». Ismaël répondit : « Faites alors mon père ce qui vous
a été demandé ». Abraham demanda : « m’assisteras-tu ? ». Ismaël dit : « je
t’assisterai ».
Toi aussi, si tu comptes guider l’un de tes amis ou tu veux consacrer du temps à
la lecture du Coran cherche quelqu’un pour t’aider et faites-le tout les deux
ensemble. Et c’est en suivant cette méthode que notre religion sera renforcée :
en s’entraidant.
« …Envoie l’un des leurs comme messager parmi eux, pour leur réciter Tes
versets, leur enseigner le Livre et la Sagesse, et les purifier… » (TSC,
Al-Baqara ‘La Vache’ : 129)
Ce verset nous indique la mission du prophète : réciter à son peuple les versets
d’Allah, lui enseigner le Livre et la Sagesse et le purifier. Mais dans un autre
verset (151) de la même sourate, Allah dit –ce qui peut être traduit comme :
« Ainsi, Nous avons envoyé parmi vous un messager de chez vous qui vous
récite Nos versets, vous purifie, vous enseigne le Livre et la Sagesse et vous
enseigne ce que vous ne saviez pas ». Remarquez bien la différence entre
les deux versets : dans le premier, la purification est mentionnée après
l’enseignement du Livre et de la Sagesse, ce qui n’est pas le cas dans le
deuxième verset où la purification devance l’enseignement. En fait, les trois
missions du prophète sont mentionnées quatre fois dans le Coran : la première
lorsqu’ Abraham suppliait Allah d’envoyer un prophète et dans les trois autres
c’est Allah qui énumère les missions du prophète. Et c’est dans les trois
versets semblables qu’Allah donne une priorité à la purification pour montrer
qu’elle est plus importante que l’enseignement et c’est cette priorité qu’
Abraham ignorait en devançant, dans ses invocations, l’enseignement par rapport
à la purification.
Il vaut mieux donc, avoir un bon comportement et de bonnes mœurs que d’apprendre
la science religieuse et de ne rien appliquer. L’ordre des missions dans les
versets nous indique que les mœurs priment sur l’enseignement. Quelqu’un qui a
un bon comportement sans avoir beaucoup appris la science religieuse est plus
utile à l’Islam qu’un ‘alim[iv]
qui se comporte rudement ou de façon impolie.
Tâchez de vous purifier et d’apprendre simultanément et sachez que si votre
niveau scientifique augmente sans que cela ne se reflète sur votre comportement,
cela signifie qu’Allah n’est pas satisfait de vous.
Une autre question sur laquelle il faut insister est la ruse de Satan qui essaye
de nous faire oublier la réalité que Dieu exauce nos invocations. Si je vous
demande combien de fois Dieu vous a-t-il exaucé une demande je n’aurai pas de
réponse. Savez-vous pourquoi ? C’est, ou bien parce que vous ne suppliez pas
Allah, ou bien parce qu’après L’avoir supplié, Il exauce vos demandes mais Satan
intervient pour vous faire oublier qu’il s’agit d’une grâce divine.
Satan suit cette méthode essentiellement pour vous désespérer de vos
supplications. Si chacun de nous est persuadé que Dieu exaucera ses demandes, on
n’arrêtera jamais de supplier et notre confiance en Dieu augmentera, ce qui est
absolument le contraire de ce que Satan désire. Il faut que chacun de nous
échappe à cette ruse et tâche de faire le lien entre ce qu’il fait et ce qui lui
arrive. Par exemple, s’il demande à Dieu quoique ce soit et qu’il trouve
qu’Allah la lui exauce, il doit comprendre que c’est à cause de ses
supplications sincères et patientes. Et, au contraire, s’il commet un péché et
trouve qu’il lui arrive des malheurs, il doit comprendre que ces malheurs sont
arrivés à cause de ses péchés. Il faut être sensible et comprendre les choses de
cette façon.
Poursuivons l’histoire de la construction de la Ka‘ba… Abraham bâtit donc la
Ka‘ba rien qu’en utilisant de grandes pierres entassées les unes sur les autres
sans ciment. Vers la fin, il ne lui restait qu’une pierre à ajouter dans un coin
de la Ka‘ba. Lui et Ismaël allèrent chercher une pierre qui puisse remplir
l’endroit vide qui restait dans la Ka‘ba. Quand ils revinrent, ils trouvèrent
une pierre blanche posée dans l’endroit précis et Ismaël dit à son père qu’il
n’avait rien ramené. Abraham dit : « C’est une pierre que Gabriel fit descendre
du paradis ». Et c’est cette même pierre qui fut l’objet d’une querelle entre
les tribus arabes voulant contribuer dans la reconstruction de la Ka‘ba. Chacune
des tribus voulait que son représentant soit la personne chargée de remettre la
pierre noire à sa place. Mais en voyant Mohammad (BP. Sur lui) arriver, elles
demandèrent toutes à ‘l’honnête et le véridique’[v]
d’arbitrer entre eux dans cette affaire. Mohammad prit alors la pierre noire, la
mit sur un grand tissu et demanda aux représentants des tribus de tenir chacun
l’un de ses bouts. Quand ils s’approchèrent tous de l’endroit précis, Mohammad
(BP. sur lui) pris la pierre noire et la remit à sa place. Il fut ainsi le seul
être humain à l’avoir jamais touchée.
Ce que je n’ai peut être pas dit au sujet de cette pierre venant du paradis est
qu’elle était d’abord toute blanche. Elle était pure mais ce sont les péchés des
hommes qui l’ont rendue noire. Le prophète (BP. Sur lui) dit, dans un Hadith
raconté par Imâm Ahmad, que « cette pierre représente la Dextre du
Miséricordieux sur Terre avec la quelle Il salue Ses serviteurs de la même
manière que chacun de vous salue son frère». Faites attention et ne tombez pas
dans le piège d’essayer d’imaginer la main d’Allah ou de lui dessiner une image
dans ton esprit : c’est une erreur fatale dont il faut se méfier. Face à un
Hadith comme celui-ci, nous ne devons que répéter ce verset –ce qui peut être
traduit comme : «… Il n’y a rien qui Lui ressemble ;… » (TSC,
Ach-Choûrâ ‘La Consultation’ : 11). Mais c’est essentiellement à cause de ce
Hadîth, que les gens se précipitent pour embrasser la pierre noire. Embrasser
cette pierre veut dire prêter serment de cheminer dans la voie droite et de ne
plus désobéir à Allah. La sunna est d’aller toucher la pierre noire, l’embrasser
doucement sans grand bruit et de ne pas pousser la foule qui l’entoure.
Après avoir bâti la Ka‘ba, le prophète Abraham a essayé de l’élever. Il voulait
parfaire son travail et pour ce faire, il passait de longues heures à construire
la Ka‘ba. Il demanda à Ismaël de lui ramener une pierre sur laquelle il voulait
se mettre debout pour élever la Ka‘ba. Et, à force de rester longtemps sur cette
pierre, les traces des pieds d’Abraham apparurent sur sa surface. Elle est
appelée « maqâme Ibrahim » ce qui signifie le lieu où il se tenait debout
et non son tombeau. C’est une pierre qui, jusqu’à nos jours, est restée à côté
de la Ka‘ba pour commémorer l’effort sans précédent d’Abraham dans le désert
chaleureux de la Mecque : «… Adoptez donc pour lieu de prière, ce lieu où
Abraham se tint debout… » (TSC, Al-Baqara ‘La Vache’ :125).
Voici les efforts et les traces d’Abraham. Et toi, où sont tes traces et tes
efforts pour renforcer l’Islam ? Si ton enthousiasme pour la renaissance de
l’Islam reste faible, notre Umma restera pour toujours dans cette
situation critique et arriérée qu’elle vit actuellement. Il faut avoir de
l’enthousiasme pour le renfort de l’Islam et ne pas avoir honte de prendre les
mesures nécessaires pour atteindre cet objectif. Il faut aimer l’Islam comme
s’il était un membre de ta famille. Si ton père tombe malade à minuit, auras-tu
honte d’aller appeler un médecin pour le sauver ? Si ce médecin ne peut pas
t’accompagner, n’iras-tu pas chercher un autre et un autre jusqu’à ce que tu
rentres chez toi accompagné d’un médecin ? Il ne faut pas avoir honte de porter
le voile, il faut travailler pour l’Islam comme s’il était un membre de ta
famille, il faut aimer le prophète (BP. Sur lui) et l’imiter, il faut que
l’Islam devienne l’un des composants de ton sang. Les musulmans, pendant la
bataille de Badr, avaient un slogan : « ta religion est ta chair et ton sang ».
Et toi également, ton slogan devra être « ma religion est ma chair et mon
sang ». Tu dois défendre ta religion de la même manière que tu te défends
toi-même.
Ecoutez ce que disait le compagnon du prophète Al-Barâa Ibn Malek[vi] :
« Je serai le pire parmi ceux qui ont appris le Coran, si l’Islam est vaincu à
cause de moi (si je n’arrive pas à le défendre) ». Mais votre enthousiasme pour
l’islam ne doit pas se transformer en un comportement agressif envers vos amis
qui continuent à désobéir à Dieu. Nouez des relations avec les gens et évitez de
mettre des obstacles devant ces amis en leur tournant, par exemple, le dos, en
cessant de les fréquenter ou en leur parlant rudement. Au contraire, Il faut que
cet enthousiasme se traduise en un beau sourire sur ton visage et un bon
comportement avec eux. Quand Al-Muthanna Ibn Harithah alla conquérir la Perse,
il confia l’aile droite de son armée à la tribu de Banî Bakr. Mais quand les
pertes les plus lourdes se firent remarquer dans les rangs droits de l’armée,
Al-Muthanna Ibn Harithah envoya à la tribu de Banî Bakr le message suivant :
« D’ Al-Muthanna Ibn Harithah à la tribu de Banî Bakr, ne scandalisez pas
l’Islam ! ». Par conséquent, la victoire vint du côté droit de l’armée dont
l’enthousiasme fut exacerbé par ce message. Toi aussi, tu dois avoir peur de
scandaliser l’Islam avec ta mauvaise conduite ou ta paresse. C’est à cause de
ces facteurs et de ces péchés que les ennemis de l’Islam nous prennent à la
légère et nous attaquent.
Quand Abraham construisait la Ka‘ba, il n’avait pas une perception précise de ce
qu’elle allait devenir. Il construisait la Maison qu’Allah lui avait demandée.
Il aurait pu construire une petite maison humble qui ne nécessite pas beaucoup
d’effort mais il choisit de parfaire sincèrement son travail et construit cette
grande et merveilleuse ka‘ba. Ceci attire notre attention sur l’importance de
soigner la qualité de notre travail, même si nous n’avons pas une perception
précise de ce qu’il deviendra et la contribution qu’il ajoutera au renfort de la
religion. Il ne faut jamais mépriser un travail quelque soit sa dimension :
élever un orphelin, faire un iftâr[vii],
apprendre à quelqu’un à lire le Coran… tous contribuent au renforcement de
l’Islam même s’il s’agit de travaux simples. Mais l’important c’est qu’ils
soient accomplis avec un grand soin et une grande sincérité. Et rappelez vous
que la montagne n’est rien qu’un ensemble de cailloux et la pluie n’est qu’un
ensemble de gouttelettes.
L’ordre arriva ensuite à Abraham d’appeler les gens à accomplir leur Hajj[viii] :
« Et fais aux gens une annonce pour le Hajj… » (TSC, Al-Hajj ‘Le
Pèlerinage’ : 27).
Mais la question qui se posait était : comment annoncer aux gens le pèlerinage
alors qu’Abraham était dans un désert vide. C’est pour cette raison qu’Abraham
demanda : « Comment et jusqu’où ma voix arrivera-t-elle ? ». Allah répondit –ce
qui peut être traduit comme
: « Tu n’as qu’à faire l’appel et c’est à Nous de le faire parvenir aux gens ».
L’homme n’est chargé que d’appeler les gens vers le bon chemin mais cela revient
à Allah de les guider. Abraham monta sur la plus haute montagne, le mont Arafat,
qu’il pu trouver et appela au pèlerinage que nous accomplissons de nos
jours depuis des millénaires: « Et fait aux gens une annonce pour le Hajj.
Il viendront vers toi, à pied, et aussi sur toute monture, venant de tout chemin
éloigné, … » (27). C’est pour cette raison que les musulmans répètent
lors du pèlerinage : « Labbayka Allahomma labbayk. Labbayka la sharîka laka
labbayk. Inna-l hamda wa-l ni‘mata laka wa-l mulk »[ix].
Ce que j’ai peut être oublié de vous dire est que la ka‘ba a été construite et
détruite cinq fois. Le prophète Adam fut le premier à l’avoir bâtie, Abraham le
deuxième et la tribu arabe de Quraysh la reconstruisit pour la troisième fois.
Mais ce qui doit attirer notre attention dans cette troisième fois c’est que,
quand les arabes voulurent reconstruire la ka‘ba, ils décidèrent de ne financer
ce projet qu’avec de l’argent halâl[x].
Même les idolâtres prêtaient une grande importance à la question du halâl
(licite) et du harâm[xi]
(illicite)
alors que pour bon nombre de gens maintenant, cette question n’occupe qu’une
place minime dans leurs centres d’intérêts.
Mais quand les tribus arabes ont trouvé que l’argent n’était pas suffisant,
elles ont décidé de construire, à côté de la ka‘ba, ce qu’on appelle « Hijr
Ismaël » (le giron d’Ismaël) qui est en fait la partie de la ka‘ba que les
arabes n’ont pas eu les moyens d’achever. Et, c’est pour cette raison que
pendant le Hajj ou la ‘Omra, il faut tourner autour de la ka‘ba, y
compris le giron d’Ismaël. Vous pouvez trouver des gens qui ne savent pas cela
et qui, pour finir rapidement le tour de la ka‘ba, n’incluent pas le giron dans
leur tour ; ce qui peut gâcher leur ‘Omra. Mais le giron reste une grâce
divine parce qu’il permet aux gens de prier à l’intérieur de la ka‘ba[xii].
Entre la pierre noire et la porte de la ka‘ba, vous trouverez ce qu’on appelle
« Al-Multazam »[xiii] :
une partie qui peut prendre au maximum deux personnes. Le prophète (BP. sur lui)
avait l’habitude de venir mettre sa joue droite, ses bras et son ventre contre
« Al-Multazam » en invoquant Allah : un état de soumission totale. Il
pleurait en invoquant Allah et disait à Omar Ibn Al-Khattâb : « C’est ici qu’il
faut verser des larmes ». C’est pour cela que cet endroit a été appelé « Al-Multazam » :
parce que Dieu s’est engagé à exaucer les invocations des gens qui le supplient
à cet endroit mais aussi parce que le prophète (BP. sur lui) y restait pour
longtemps.
Nous arrivons maintenant à la fin de l’histoire du prophète Abraham quand il
dit –ce
qui peut être traduit comme
: « …Seigneur ! Montre-moi comment Tu ressuscites les morts », Allah dit :
« Ne crois-tu pas encore ? » « Si ! dit Abraham ; mais que mon cœur soit
rassuré »… » (TSC, Al-Baqara ‘La Vache’ : 260).
Abraham ne demandait pas cela parce qu’il doutait que Dieu puisse ressusciter
les morts. Il ne doutait pas de la puissance divine mais il croyait en cette
puissance par son cœur et voulait la voir avec ses yeux. Pour comprendre cette
question, il faut savoir la différence entre ‘ilm al-yaqîne (la science
de la certitude) et ‘ayn al-yaqîne (l’œil de la certitude). ‘La
science de la certitude’ est le fait d’être sûr de l’existence de Dieu et du
paradis et de l’enfer tandis que ‘l’œil de la certitude’ est un degré rarement
atteint par les gens (d’habitude un degré atteint par les prophètes) et qui
n’est attribué qu’aux personnes qui ont réalisé un niveau élevé de ‘La science
de la certitude’. Et c’est pour cette raison qu’on trouve qu’Allah n’a attribué
ce degré à Abraham que vers la fin de sa vie et après toutes les expériences
qu’il a vécues et tous les sacrifices qu’il a présentés. Omar Ibn Al-khattâb
avait également un petit mot à propos de ce sujet. Il disait : « Si le ciel se
déchire jusqu’à ce que je voie le paradis et l’enfer, cela n’ajoutera rien à ma
certitude ». Et, notre prophète (BP. sur lui) à qui a été également été
attribué ce degré pendant son voyage nocturne (Al-isrâa wa-l mi‘rajj) dit : « Je
suis rentré dans le paradis, j’ai mangé de ses fruits et j’ai bu de ses
fleuves ». Et regardez ce que l’un des compagnons du prophète fit lorsqu’il
entendit le prophète dire cela. Le prophète (BP. sur lui) demanda, un jour, à
ses compagnons : « Qui parmi vous est entré au paradis ? ». Abdullah Ibn Omar
répondit : « moi ». Omar Ibn Al-khattâb, surpris, mis sa main sur sa tête comme
s’il voulait dire « Mon fils m’a scandalisé ! ». Le prophète demanda : « Qui
parmi vous a bu des fleuves du paradis ? ». Abdullah Ibn Omar répondit :
« moi ». Omar Ibn Al-khattâb a failli fermer la bouche de son fils pour qu’il se
taise. Le prophète demanda : « Qui parmi vous a mangé des fruits du paradis ? ».
Abdullah Ibn Omar répondit : « moi ». Omar Ibn Al-khattâb a failli laisser la
réunion et les autres compagnons regardaient son fils en essayant de comprendre
ce qu’il voulait dire par ces réponses. Le prophète (BP. sur lui) demanda à
Abdullah Ibn Omar de clarifier à ses compagnons ce que ses réponses
signifiaient. Abdullah Ibn Omar dit : « Je suis rentré au paradis en apprenant
que tu y es rentré, j’ai bu de ses fleuves en apprenant que tu en as bu et j’ai
mangé de ses fruits rien qu’en apprenant que tu en as mangé et j’ai même le goût
de ces fruits dans ma gorge ». Et, il va de soi que cette histoire signifie
que ce compagnon n’éprouvait aucun doute envers ce que racontait le prophète.
Poursuivons maintenant l’histoire d’Abraham à qui Allah dit –ce
qui peut être traduit comme
: « Prends donc dit Allah, quatre oiseaux, apprivoise-les (et coupe-les)
puis, sur des monts séparés, mets-en un fragment ensuite appelle-les : ils
viendront à toi en toute hâte. Et sache qu’Allah est Puissant et Sage »
Imaginez quatre oiseaux coupés en morceaux : les plumes d’un côté, le sang d’un
côté, les os d’un autre et la tête dans un endroit différent). Abraham a reçu
l’ordre de confondre ces morceaux, en faire quatre ensembles et de mettre chacun
sur quatre monts distincts. Le miracle divin arriva quand Abraham trouva que
chaque morceau du oiseau alla chercher son morceau complémentaire pour enfin
former de nouveau le corps d’un oiseau vivant.
Dans une situation comme celle-ci, on ne peut que sentir notre impuissance
totale devant la grande puissance d’Allah. On ressent fortement qu’on appartient
à Lui et seulement à Lui et on arrive à la conviction totale que dans cet
univers, Il est le seul digne d’être adoré et que Sa puissance est illimitée. Il
est capable de nous rendre la mosquée d’Al-Aqsa, de régler nos problèmes
familiaux, de guider les gens égarés mais à condition que nous changions tout de
nous-mêmes : «… En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant
que [les individus qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes »
(TSC, Ar-Ra‘d ’Le Tonnerre’ : 11).
Enfin, Abraham mourut à l’âge de 185 ans après le décès de sa femme Sara. Ses
fils Ismaël et Isaac l’enterrèrent ensuite dans la ville d’Al-khalîl en
Palestine. Sa vie fut pleine de grands événements et de difficultés. « Abraham
était un guide (’Umma) parfait[xiv]… »
et c’est lui qui sera le premier à être vêtu le jour de la résurrection. C’est
aussi lui le seul prophète qui, pendant le voyage nocturne du prophète (BP. sur
lui), envoya avec lui un message pour les musulmans. Il lui dit : « Ô Mohammad,
transmets mes Saluts à ta ‘Umma et dis leur que le paradis a une terre fertile
et une eau douce et qu’ils peuvent enrichir leur paradis en disant « Subhâne
Allah wa-l hamdu-l-illah wa lâ illaha illa Allah w-allahu akbar »[xv].
Ce sont quelques mots très courts, qui ne nous coûtent rien, faciles à répéter
et dont nous pouvons tous bénéficier. Rien qu’en les prononçant pendant une
promenade ou même pendant notre temps libre, nous pouvons ajouter un fleuve, des
oiseaux ou des palais dans notre jardin au paradis.
[ii]
TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens
courant le plus connu jusqu'à présent de la sourate sus mentionnée. Lire
la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de
révélation du saint Coran.
[iii]
Où sont inscrites les actions de chacun
[v]
Adjectif donné à Mohammad par les tribus arabes avant le début de sa
prédication
[vi]
Frère de Anas Ibn Malek
[vii]
Repas pour rompre le jeûne
[ix]
Nous répondons à Ton appel, Notre Seigneur. Nous
répondons à Ton appel, Toi qui n’as aucun associé. Loué sois Tu, Toi à
qui les bienfaits et l’univers appartiennent.
[x]
Gagné de façon licite
[xii]
De nos jours, la porte de la ka‘ba n’est ouverte qu’occasionnellement
et, d’habitude pour des gens précis.
[xiii]
Lieu d’engagement ou lieu toujours fréquenté.
[xiv]
’Umma en générale signifie nation ou communauté. Le
verset pourrait signifier que l’adoration que faisait Abraham équivalait
à l’adoration que peut faire une ‘Umma entière.
[xv]
« Glorifié soit Allah, loué soit-Il, il n’y a aucun dieu qu’Allah et
Allah et le plus Grand »
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