Politesse et
savoir-vivre
Au
Nom d'Allah le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux, et que le
salut et la paix d'Allah soient sur le plus noble des messagers, notre
prophète Mohamed. Louange à Allah, nous recourons à Lui et nous Lui
demandons de nous guider, nous pardonner, et nous préserver de nos
mauvaises actions. Celui à qui Allah montre le bon chemin, il est guidé
et celui qui s'égare n'a ni maître ni conseiller.
La vertu dont nous allons parler aujourd’hui est considérée à tort comme
bien étrangère à notre religion. Il s’agit de la vertu qu’on désigne par
politesse, courtoisie, raffinement, savoir-vivre ou encore prévenance.
En effet, quelques uns diront sans doute : c’est vrai, qu’est ce que
cela a à voir avec l’Islam ?
Mon intention, est de vous démontrer que cette vertu fait partie de
l’Islam, et qu’en plus, notre religion est la première à l’avoir
instaurée.
Il est difficile de définir la vertu d’aujourd’hui, car elle regroupe
une quantité de qualités variées, telles que la civilité, le
raffinement, la discipline, le savoir-vivre, la prévenance, le tact, le
goût, la beauté, l’hygiène, l’ordre, la perspicacité , etc.
C’est une vertu qui fait partie des vertus islamiques fondamentales. Je
sais que vous vous posez toujours la question sur la relation entre
cette vertu et l’Islam et que le titre de cette causerie ne vous tente
pas beaucoup. Vous croyez sans doute que de telles leçons doivent plus
intéresser les diplomates ou les étudiants dans les missions étrangères.
Dans nos sociétés, nous retrouvons quatre sortes de comportement
vis-à-vis de cette vertu :
-
Ceux qui croient que la politesse, la civilité, le raffinement, la
bienséance et le tact sont des qualités qu’on retrouve
essentiellement dans les cultures des pays développés. C’est
pourquoi beaucoup de personnes croient fermement que ce sont ces
pays qui peuvent nous apprendre ce genre de qualités, alors ils
tiennent à ce que leurs enfants soient éduqués selon les programmes
scolaires de ces pays. J’adresse à ceux-là ce message et nous
verrons ensemble l’origine de cette vertu.
-
D’autres personnes sont persuadées que leur éducation est très
distinguée. Elles sont en effet pleines de tact et ont un
comportement courtois et raffiné mais elles sont convaincues que non
seulement, elles ne retrouveront pas ces qualités dans la religion,
mais s’imaginent qu’elles vont perdre leur politesse et leur
délicatesse en se tournant vers l’Islam. Je leur dis que cet
obstacle qu’elles ont dressé entre le savoir-vivre et la religion
n’est qu’une chimère puisque le raffinement trouve son origine dans
l’Islam.
-
Il y a encore ceux qui ont développé une opinion étrange selon
laquelle, l’Islam est un ensemble d’actes cultuels qu’on
pratique dans une mosquée et qui ne doit en aucun cas influencer les
autres aspects de notre vie !
-
Il y a aussi ceux qui, par ignorance, minimisent énormément
l’importance de ses qualités sous prétexte que ce sont les actes
cultuels qui sont importants. Ils tiennent à parfaire leur pratique
cultuelle et à satisfaire Allah (Que Son nom soit Exalté) mais ne
comprennent pas que le raffinement fait partie des vertus que le
Prophète (BP sur lui) prônait. Je leur conseille de comprendre
l’Islam comme une religion complète et cette vertu n’est pas moindre
en importance que la loyauté et la sincérité.
Toutes ces visions sont erronées et complètement éloignées de la vérité
de notre religion.
J’insiste sur le fait que l’Islam est une religion qui doit gérer tous
les aspects de notre vie, et que l’Islam donne une importance
particulière aux qualités qui favorisent la bonne entente entre les
hommes comme la politesse et l’amabilité.
Nous pratiquons sans doute ces qualités et plusieurs d’entre vous, n’ont
pas de leçon à recevoir dans ce sens, c’est pourquoi le but essentiel de
cette conférence est seulement de vous convaincre que l’Islam est le
premier à avoir ordonné ces qualités et j’espère que par conséquent vous
serez fiers d’appartenir à cette religion.
Il y a trois genres de politesses :
1)
Politesse envers Allah (que Son nom soit exalté.)
2)
Politesse envers le Prophète (BP sur lui).
3)
Politesse envers les gens.
En faisant des recherches sur ce thème, j’ai été surpris par sa variété
et sa quantité dans l’Islam. En effet, chaque circonstance de la vie
suppose un aspect particulier de conduite et de politesse, il fallait
donc que je fasse un peu de tri afin de pouvoir aborder plusieurs côtés
de notre vie.
La politesse à l’intérieur du domicile :
Il est important de parler de la politesse et de la bienséance vis-à-vis
de tes parents. Cependant pour faire face à toute ambiguïté, je ne fais
pas référence à la bienfaisance envers les parents. Je donnerai plutôt
des exemples qui illustreraient plus facilement l’importance de la
politesse et du raffinement en Islam. L’un des compagnons du Prophète
(BP sur lui), était entrain de mourir. L’un de ses frères présents
entreprit comme il est ordonné dans ces moments, de lui rappeler
l’attestation de foi : il n y a
d’autre divinité que Dieu. Mais le pauvre homme ne put la prononcer.
Conscients de la gravité de la situation, les compagnons allèrent
promptement voir le Prophète pour lui soumettre le problème. Après avoir
écouté les compagnons; le Prophète s’enquit tout de suite: « A-t-il une
mère ? » On répondit que oui, alors le Prophète décida d’aller la voir.
Le Prophète demanda à la mère du mourant :
- Comment était-il avec toi ?
- Il se conduisait bien avec moi, sauf qu’il rentrait quelquefois avec
un paquet de fruits, il le dissimulait pour que je ne le voie pas et
allait l’offrir en cachette à sa femme et ses enfants.
- Très bien, nous allons le jeter dans le feu, puisque tu ne lui
pardonnes pas !
- Non, s’écria la mère, je lui pardonne, je lui pardonne !
Au même moment, l’homme mourant put enfin prononcer l’attestation.
Le Prophète (BP sur lui) nous raconte cette histoire : un homme
des Beni Israël, appelé Jouraij Al-‘Abed, passait le plus clair de son
temps en prière, un jour sa mère l’appela alors il se dit : « Ma mère ou
ma prière ? », et il continua sa prière. Le jour suivant, sa mère
l’appela de nouveau, il se dit : « Ma mère ou ma prière ? ». Il préféra
continuer sa prière. Le troisième jour, sa mère l’appela encore, mais de
nouveau il décida de ne pas interrompre sa prière, alors sa mère
furieuse contre lui, dit : « Seigneur, ne le fais pas périr sans qu’il
n’ait regardé les visages des prostituées. »
Un jour que Jouraij était dans son ermitage, une femme vint le trouver
et essaya de le séduire mais comme il la repoussa, elle décida de se
venger. Quelques mois plus tard, elle eut un enfant et déclara devant
tout le monde que cet enfant était de Jouraij. Les hommes se rendirent
chez lui, le firent sortir de son ermitage, l’injurièrent et
détruisirent son ermitage.
Jouraij put, bien sûr, leur prouver son innocence, mais toute cette
mésaventure lui arriva uniquement parce qu’il avait refusé de répondre à
l’appel de sa mère !
C’est malheureusement une erreur que beaucoup de nos jeunes commettent
sans penser à ses conséquences.
Nous avons vu que Jouraij a été retenu par sa prière, mais nos jeunes
sont occupés à des choses futiles et sans intérêt; ils préfèrent rester
trois heures avec leurs amis et ne daignent pas passer une demi heure
avec leurs parents !
Une autre preuve que notre religion ne s’arrête pas aux limites de la
mosquée ; l’Islam a établi des règles de politesses dans les plus petits
détails à l’intérieur de la maison, notamment celles relatives à la
liberté des personnes. Allah (que Son nom soit exalté) dit –ce
qui peut être traduit comme : « ô vous qui avez cru ! Que les
esclaves que vous possédez vous demandent permission avant d'entrer,
ainsi que ceux des vôtres qui n'ont pas encore atteint la puberté, à
trois moments : avant la Salat de l'aube, à midi quand vous enlevez vos
vêtements, ainsi qu'après la Salat de la nuit; trois occasions de vous
dévêtir. En dehors de ces moments, nul reproche ni à vous ni à eux
d'aller et venir, les uns chez les autres. C'est ainsi qu'Allah vous
expose clairement Ses versets, et Allah est Omniscient et Sage ».
(TSC[i],
An-Noûr ‘La Lumière’ : 58). Un tel verset établit l’une des
règles de bienséance relative aux enfants qui doivent demander la
permission d’entrer dans la chambre de leurs parents trois fois dans la
journée. Avant l’aube, après-midi et après la prière du soir. L’islam
vient régenter la vie de tout être humain dans ses moindres détails même
à l’intérieur des chambres à coucher.
Un homme vint trouver le Prophète (BP sur lui) et lui dit: « Dois-je
demander l’autorisation avant d’entrer dans la chambre de ma mère ? ».
–Oui, répondit le Prophète. L’homme qui ne réalisait sans doute pas
l’importance de cette règle de politesse, reposa encore sa question deux
fois. Le Prophète lui dit : « Veux-tu surprendre ta mère nue ? ».
L’homme répondit très vite : « Non, ô envoyé de Dieu ! » -Alors, demande
l’autorisation avant d’entrer chez elle. Dit le Prophète (BP sur lui).
Poursuivons avec la politesse à l’intérieur du foyer et cette fois
envers l’épouse. Dans les films européens, nous remarquons beaucoup de
comportements de politesse et même de prévenance envers la femme. Le
plus courant étant l’exemple où l’homme assis avec sa femme dans un
restaurant coupe soigneusement un morceau de viande et le met dans la
bouche de sa femme. En voyant cela, nos jeunes s’écrient « Que C’est
romantique ! » et peut être même qu’ils imitent ce comportement dans
l’intention d’être plus civilisés. Ces jeunes se sont apparemment
trompés sur l’exemple à suivre, puisqu’ils ignorent complètement que
leur Prophète (BP sur lui) a dit il y a de cela plus de 1400 ans :
«La meilleure des aumônes est la bouchée de nourriture que le
mari met dans la bouche de sa femme. »
Parmi les difficultés que rencontrent les nouveaux mariés, et qui
peuvent même causer l’annulation du mariage, le peu de bienséance du
mari qui refuse d’offrir à sa femme un niveau de vie semblable à celui
où elle a grandi, ceci bien sûr dans le cas où il a les moyens de le
faire.
Le Prophète (BP sur lui) nous donne ici une leçon de raffinement
et de considération. Les femmes du Prophète comme on sait, vivaient
toutes dans des maisons voisines de la mosquée du Prophète à Médine. Cet
endroit de la ville a un climat rude et toutes ses femmes étaient
habituées à ce genre de climat. En épousant Maria l’égyptienne, le
Prophète lui donna une maison dans un endroit, Al’Awali, une région
agricole dont le climat est assez proche de celui où elle vivait dans
son pays, témoignant ainsi d’une prévenance et d’une attention sans
pareilles.
Nous ne disons pas cela pour que les familles exigent pour leur fille
une maison à l’endroit le plus cher de la ville ! Il y a d’autres
choses qu’il faut prendre en considération ; lors du mariage de sa fille
Fatima avec Ali Ibn Abi Taleb, le Prophète (BP sur lui), prit en
considération que le mari n’avait pas de grands moyens, mais qu’il était
quand même un bon parti pour sa fille simplement à cause de sa foi et de
ses bonnes mœurs.
Un autre aspect de bon goût et d’attention envers l’épouse se manifeste
pendant sa période de menstruation.
Durant cette période, le corps de la femme subit des changements qui
influencent considérablement son comportement, elle devient irritable et
sensible. Beaucoup d’hommes ignorant ce détail, réagissent d’une manière
brutale et sans égards face aux irritations soudaines et sans raisons de
leurs femmes.
Mais écoutez ce que dit Aicha (que Dieu l’agrée) en parlant de
cette période : « Pendant la période de ma menstruation, je buvais dans
un bol et je le déposais, le Prophète (BP sur lui), prenait le bol et le
tournait en l’examinant un moment pour rechercher l’endroit où j’a bu,
ensuite, il posait ses lèvres sur l’endroit du bol où j’avais mis mes
lèvres pour boire. »
Vous ne trouverez jamais un exemple de prévenance aussi saisissant dans
une autre civilisation, ni dans une autre religion. N’est-ce pas notre
religion ? Pourquoi insistons-nous à importer des comportements
étrangers et inappropriés ?!
On continue toujours avec le comportement envers l’épouse quand elle est
en colère ou faible.
Une fois, Aicha et le Prophète discutaient, Aicha s’emporta quelque peu.
A ce moment, son père Abu Bakr arrivait, en entendant la voix de sa
fille s’élevant devant le Prophète, il leva sa main pour gifler sa fille
mais le Prophète (BP sur lui) se mit entre eux et l’en empêcha.
Son père parti, Aicha qui se sentait triste et fautive s’assit sans rien
dire. Le Prophète voulant lui rendre le sourire et lui montrer qu’il ne
lui en voulait pas, lui dit avec un sourire taquin: ‘Tu as vu comment je
me suis interposé entre ton père et toi ?!’.
Dans une autre occasion, Aicha (que Dieu l’agrée), racontait au Prophète
une longue histoire à propos de dix femmes, qui l’une après l’autre
décrivaient les qualités ou les défauts de leurs maris. La dernière
d’entre elles et la plus vielle aussi dit qu’elle vivait avec son mari
dans un très grand bonheur, jusqu’au jour où il la répudia et épousa une
femme plus jeune et plus jolie.
Arrivée à la fin de son histoire, Aicha (que Dieu l’agrée),
termina avec un accent triste et ému.
Le Prophète perspicace, devina la raison de cette tristesse, il dit à sa
femme avec un accent doux et ferme : ‘J’ai été pour toi comme cet homme
était pour cette femme, sauf que moi, je ne te répudierai jamais.’
Comparez cette scène qui illustre un grand amour et une immense
tendresse avec le comportement insensible des hommes qui menacent leurs
épouses avec des termes comme : « Je vais me marier avec une autre … »,
c’est juste pour rire, disent-ils !
Ces propos tenus inconsciemment par les hommes qui prétendent taquiner
leurs femmes, peuvent laisser de graves blessures psychiques chez les
femmes.
En fait, tous les détails de la vie conjugale sont extrêmement
importants. Considérons le cas de nombreux maris qui rentrent le soir
l’air renfrogné et se cachent durant des heures derrière le journal.
Sans doute, êtes-vous fatigués après une longue journée de travail, mais
vous ne travaillerez jamais aussi dur que le faisait le Prophète et
malgré cela, toutes ses femmes s’accordaient à dire qu’il était toujours
souriant et agréable à l’intérieur de la maison et qu’il écoutait tout
ce qu’elles avaient à lui dire.
Tous les hommes exigent que leurs femmes se fassent belles pour eux.
Abdullah Ibn Abbas, le plus savant de tous les compagnons du Prophète
disait : ‘Je prends toujours soin d’être beau pour ma femme, comme
j’aime qu’elle se fasse belle pour moi.’
Les notions de bienséance et de raffinement en Islam sont très
importantes.
Le coran a même régi les règles de bienséance entre les époux dans leur
chambre à coucher : « Vos épouses sont pour vous un champ de
labour, allez à votre champ comme [et quand] vous le voulez et oeuvrez
pour vous-mêmes à l’avance… » (TSC, Al-Baqara ‘La Vache’ : 223).
‘Oeuvrez pour vous-mêmes’ fait référence aux préliminaires avant tout
rapport charnel.
Il y a une règle assez étonnante qui montre le respect que l’Islam a
pour la femme.
Avant d’entrer dans son propre domicile, le mari doit d’abord frapper à
la porte, et ce même s’il possède la clé, chose habituelle puisqu’il est
le maître de la maison.
Cette règle a été établie pour deux raisons :
La première est que la femme peut être décoiffée ou mal mise, ces
quelques secondes lui permettront de se rendre présentable.
La seconde est que quelques hommes ont la fâcheuse tendance à soupçonner
leurs femmes sans raison, et cela cause beaucoup de peine à la femme.
Comme vos pouvez le constater, l’Islam s’est occupé de tous les détails
de la vie domestique, pour que les foyers soient sereins et heureux.
Dans la rue comme ailleurs, il faut observer quelques règles sous peine
de passer pour quelqu’un de mal élevé.
Commençons par la façon de marcher, le Prophète (BP sur lui), marchait
sans empressement mais aussi sans nonchalance.
« Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent
humblement sur terre,…”.
(TSC, Al Fourqane ‘Le Discernement’ : 63)
Parmi les comportements insupportables dans la rue, la manie qu’ont
certains jeunes de s’appeler les uns les autres à l’aide des klaxons de
leurs véhicules !
« Ceux qui t'appellent à haute voix de derrière les appartements, la
plupart d'entre eux ne raisonnent pas. »
(TSC, Al Houjourât ‘Les Appartements’ : 4)
« Et s'ils patientaient jusqu'à ce que tu sortes à eux, ce serait certes
mieux pour eux. Allah cependant, est Pardonneur et Miséricordieux. »
(TSC, Al Houjourât ‘Les Appartements’ : 5)
En voiture, nous assistons à des scènes qui reflètent un manque total de
civilité et de bon goût.
Il y a ceux qui vous dépassent en vous couvrant d’injures parce que
vous avez le tort impardonnable de respecter les limites de vitesses !
Il y a aussi ceux qui occupent deux files pour ne pas être dépassés,
alors que le Coran dit –ce qui peut être traduit comme: « ô vous
qui avez cru ! Quand on vous dit : “Faites place [aux autres] dans les
assemblées”, alors faites place. Allah vous ménagera une place (au
Paradis)… » (TSC, Al-Moujâdala ‘La Discussion’ : 11)
Une fois que le Prophète était assis dans la mosquée, un homme arriva,
et le Prophète s’écarta pour lui faire de la place. L’homme demanda :’ô
envoyé de Dieu, pourquoi t’es-tu déplacé pour moi alors qu’il y a de la
place dans la mosquée ? ‘Il est du devoir du musulman à l’égard d’un
autre, de s’écarter pour lui faire de la place dans une assemblée.’
Répondit le Prophète.
Omar Ibn Al-Khattab, disait :’Trois choses te garantissent une
affection durable de la part de ton frère (en religion), le saluer
lorsque tu le rencontres, l’appeler par son nom préféré et t’écarter
pour lui faire de la place dans une assemblée’.
Imagine que tu arrives en retard dans une assemblée, tu te sens
naturellement embarrassé, si quelqu’un s’empresse de t’accueillir et de
t’installer, tu lui seras sans doute éternellement reconnaissant.
Ceci est valable dans la rue, dans la faculté, dans chaque assemblée.
Cette attention délicate te garantit une bonne entente avec tout le
monde et ne demande que peu d’efforts.
Dans la rue, beaucoup de gens commettent des erreurs par habitude. Ils
n’y pensent même pas ! De ces erreurs la plus courante est de jeter les
ordures dans la rue. Quand on voit avec quel naturel cela se fait, on
dirait presque que c’est normal !
Pourtant c’est bien notre Prophète (BP sur lui) qui a dit : « La foi
comporte soixante et quelques branches, dont la meilleure consiste à
dire : il n y a d’autre divinité que Dieu, et la moindre est d’écarter
tout ce qui nuit du chemin.» ?!
Remarquez que le Prophète sous entend tous les chemins, ce n’est pas
parce que quelqu’un passe en voiture dans un endroit désertique qu’il a
le droit d’y jeter des saletés !
Si le Prophète considère le fait d’écarter tout ce qui nuit du chemin
comme une branche de foi, quelle serait d’après vous son opinion de
celui qui fait le contraire ?!
Un comportement encore pire que jeter des ordures dans la rue consiste à
cracher devant tout le monde.
Celui qui crache n’a pas seulement gêné les hommes avec son crachat ou
indisposé par sa cigarette ou par l’odeur de ses chaussettes, mais aussi
les anges, le Prophète (BP sur lui) ne dit–il pas : « Les anges sont
indisposés par les mêmes choses qui indisposent les hommes. »
Il y a une multitude de comportements et règles qu’il faut
respecter dans la rue, et qui se trouvent résumées dans le hadith
suivant du Prophète (BP sur lui), s’adressant à ses compagnons :
- « Evitez de tenir des réunions sur la voie publique.
–ô, messager d’Allah, objectèrent les Compagnons, il nous est
indispensable de nous réunir pour discuter de nos affaires.
–si vous ne pouvez faire autrement, répondit le Prophète, respectez donc
les droits de ces voies.
-Et quels sont ces droits ? Demandèrent les compagnons.
–Abaisser le regard, reprit le Prophète, s’abstenir de nuire à
quiconque, rendre le salut, ordonner de faire le bien et interdire le
répréhensible. »
Passons si vous voulez bien à un autre aspect du bon goût et de bonne
éducation : Les visites.
En principe, la politesse exige que l’on prenne rendez-vous avant
d’arriver chez quelqu’un, c’est un signe élémentaire de raffinement.
Mais voyons comment le Coran nous enseigne cette règle. « ô vous
qui croyez ! N'entrez pas dans des maisons autres que les vôtres avant
de demander la permission [d'une façon délicate] et de saluer leurs
habitants. Cela est meilleur pour vous. Peut-être vous souvenez-vous. »
(TSC, An-Noûr ‘La Lumière’ : 27]
Convenez qu’il y a une grande différence entre prendre un rendez-vous et
demander la permission, parce que demander la permission d’une façon
délicate revient à dire qu’il faut s’assurer non seulement que notre
hôte sera prêt pour nous recevoir mais aussi que notre visite lui sera
agréable. A cette époque, cela peut se faire aisément à l’aide du
téléphone.
Il se peut qu’après avoir pris la permission, et s’être présenté à
l’heure, on nous demande de nous en retourner. Le Coran nous enseigne de
ne pas nous offenser mais de respect cet ordre.
«… Et si on vous dit : “Retournez”, eh bien, retournez. Cela est
plus pur pour vous. Et Allah, de ce que vous faites est Omniscient. .
(TSC, An-Noûr ‘La Lumière’ : 28)
Supposons que vous avez obtenu la permission et que vous êtes maintenant
devant la porte de votre hôte. Vous frapperez un coup puis vous vous
mettrez soit à droite soit à gauche de la porte. L’hôte ne doit pas vous
trouver en face de lui en ouvrant la porte !
Vous attendrez un moment avant de frapper à nouveau. Vous avez droit à
trois coups, si on ne vous ouvre pas, n’insistez plus. Comme dit le
Prophète :
« Il faut demander la permission d’entrer chez quelqu’un trois fois. Si
on nous le permet, on entre, sinon on s’en va. »
Mais heureusement que l’on veuille bien vous recevoir cette fois, on
demandera :
-Qui est là ?
Faites bien attention à ne pas répondre comme les gens intraitables à ce
sujet : ‘Moi’ !
Djabber –que Dieu l’agrée- a rapporté : « Je me rendis chez le Prophète
(BP sur lui)- et frappai à sa porte. –qui est-ce ? demanda-t-il. –C’est
moi, répondis-je. Je l’entendis répéter : « C’est moi, c’est moi ! » et
il me sembla qu’il répugna cette façon de répondre.
Le Prophète nous apprend à dire tout de suite notre nom pour être bien
reconnu de notre hôte. Les compagnons avaient vite retenu la leçon.
Abou Dharr -que Dieu l’agrée- a rapporté : « sortant une nuit je trouvai
le Prophète (BP sur lui) marchant seul. Je le suivis au clair de la
lune, mais comme il regarda de mon côté, il demanda : « Qui est là ? »
-Abou Dharr, répondis-je »
On vous ouvre enfin la porte, vous entrez et vous allez refermer la
porte derrière vous, ne la refermez pas d’un geste brutal. Rappelez-vous
ce que dit le Prophète :
« Toute chose est embellie par la douceur, et si la douceur est ôtée,
cette chose devient laide. »
En vous installant chez lui, vous apercevez le téléphone, et sans vous
gêner vous lui demandez la permission de passer un coup de fil rapide.
Au lieu de faire vite, vous téléphonez à un ami qui réside à l’autre
bout du monde et vous lui parlez pendant une demi-heure !
En faisant cela, vous embarrassez votre hôte, et vous pouvez lui causer
des problèmes. Vous direz que vous avez pris la permission, sans doute
mais votre hôte vous a accordé la permission par simple pudeur.
Supposons que vous êtes invité à un dîner. Dans les règles de
l’étiquette des autres cultures, vous trouverez ce conseil opportun
‘Ajoutez toujours un quart d’heure de politesse à l’heure d’arrivée.’
Cela veut dire qu’il ne faut pas arriver à l’heure exacte. Mais comment
faire avec les sans-gêne qui arrivent une heure en avance ?! Le Coran
interdit explicitement ce genre de conduite :
«sans être là à attendre sa cuisson. »
Vous arrivez à l’heure convenable, mais voilà qu’en se rendant à votre
dîner, vous rencontrez un ami à vous dont vous ne pouvez plus vous
débarrasser, mais comment faire ? Lui dire franchement que vous ne
pouvez pas le prendre avec vous ? Cela risque de l’offenser, mais voyons
comment le Prophète a réglé ce problème pour nous.
Un homme invita le prophète (BP sur lui) comme cinquième convive.
En se rendant à la maison de leur hôte, le Prophète et les quatre autres
personnes furent suivi par un homme. En arrivant, le Prophète resta
devant la porte et dit au propriétaire de la maison : ‘Tu nous a invité
tous les cinq, mais cet homme nous a suivi, si tu veux lui permettre
d’entrer, sinon il s’en ira.
L’hôte dit : Je lui donne la permission.
Votre dîner s’est très bien passé, il y a déjà une heure qu’on a
desservi et vous êtes toujours là à discuter avec le maître de la
maison, le Coran vous dit –ce qui peut être traduit comme
: « …Mais
lorsqu’on vous appelle, alors, entrez. Puis, quand vous aurez mangé,
dispersez-vous, sans chercher à vous rendre familiers pour causer… »
(TSC, Al-‘Ahzâb ‘Les Colalisés’ : 53)
Cependant, il arrive qu’on soit invité à passer plusieurs jours chez un
de nos parents. On vous installe du mieux qu’on peut, mais au lieu de
respecter vos hôtes, vous vous mettez à abuser de leur hospitalité, en
invitant des amis par exemple, et dérangeant ainsi leur vie privée.
Pensez plutôt à imiter la conduite de notre Prophète (BP sur lui), qui
fut reçu à son arrivé à Médine par Abu Ayoub Al Ansari.
Abu Ayoub Al Ansari voulut installer le Prophète dans sa chambre à
l’étage mais le Prophète refusa en disant, qu’il allait recevoir
beaucoup de monde, et que les habitants de la maison allaient être
constamment dérangés.
Quand tu rends visite à quelqu’un, assieds-toi à l’endroit même que ton
hôte t’indique et ce pour ne pas voir toute la maison et ainsi gêner ses
habitants. Le prophète (BP sur lui) a dit : « ne vous asseyez pas sur
le lit d’une personne sans sa permission » Toute personne qui se
conduit avec autrui avec autant de respect et de bon goût serait
certainement appréciée et considérée comme civilisée, car on n’est pas
civilisé parce qu’on porte des habits coûteux, ou à cause de la voiture
qu’on possède, mais parce qu’on se conduit avec respect envers les gens.
La visite du malade est recommandée mais il faut respecter certaines
règles, la plus importante est de ne pas prolonger la visite jusqu’à
fatiguer le malade. Des personnes ont rendu visite à l’Imam Abou Hanifa
tombé malade. Ils restèrent très longtemps, l’Imam patienta puis il en
eut assez, il se leva brusquement et leur dit : ‘Vous pouvez vous en
aller, votre malade est guéri’!
La politesse et la bienséance vis-à-vis des voisins :
Le Prophète (BP sur lui) nous apprend que faisant partie de sa Sunna le
fait de partager avec tes voisins toute bonne chose (fruit, viande…)
qu’ils auraient vu en ta possession. Il fait également partie du
savoir-vivre de faire goûter à tes voisins tout plat cuisiné qui
dégagerait de bonnes odeurs.
Il fait également partie de la bienséance de ne pas édifier des mûrs qui
empêcheraient les rayons du soleil et l’air d’arriver chez vos voisins
sans leur autorisation.
Le savoir-vivre dans les mosquées :
-
Faire place aux autres ;
-
Ne pas enjamber les gens qui prient ;
-
Eteindre son téléphone portable ;
-
Corriger les mauvaises pratiques de la Sunna avec prévenance ;
-
Ne pas séparer deux personnes assises côte à côte et t’installer
entre elles, mais leur demander la permission de s’asseoir à leur
côté.
Le savoir-vivre dans l’invitation au chemin d’Allah :
Savoir quoi dire et comment, est une technique que peu de gens
maîtrisent. Quelques fois, nous pouvons commettre une maladresse, même
si notre intention est de bien faire. Pour ne pas tomber dans ce
travers, méditez cet exemple :
Al Hassan et son frère Al Houssaine, les petits-enfants du Prophète (BP
sur lui), remarquèrent qu’un vieil homme ne faisait pas ses
ablutions correctement, ils pensèrent à une manière subtile et délicate
afin de lui faire remarquer son erreur sans paraître irrespectueux.
Ils allèrent le trouver, et l’un d’eux prit la parole :
- Monsieur, Mon frère prétend faire les ablutions mieux que moi, et moi
je jure que je fais mes ablutions exactement comme j’ai vu le Prophète
(BP sur lui), les faire. Je te prie de juger et nous dire qui de nous
deux a raison.
L’homme accepta bien entendu, et il observa les deux frères faire leurs
ablutions devant lui de la manière la plus parfaite. Alors l’homme dit
avec un accent surpris :
- Je jure que tous les deux, vous faites les ablutions mieux que moi !
Les deux jeunes frères le remercièrent respectueusement et partirent.
Alors que le Prophète était dans la mosquée, un homme se mit à y uriner.
Les compagnons, furieux, voulaient l’arrêter, mais le Prophète (BP sur
lui) leur demanda de le laisser finir. Le Prophète a ainsi préservé la
dignité de cet homme qui aurait pu se retrouver dans une situation
gênante.
Nous savons tous que l’appel à la prière n’a pas été révélé par Djîbril,
mais qu’un homme l’avait vu en songe et Omar Ibn Al-Khattab avait eu la
même vision, le Prophète ordonna à Bilâl de faire l’appel à la prière
car il avait une belle voix. La valeur esthétique a ainsi une place en
Islam. Et depuis, tous les muezzins ont de belles voix.
L’imam Abou Hanifa aimait la pratique de la prière de la nuit. Il avait
comme voisin un jeune ivrogne qui chantait toute la nuit gênant ainsi
l’imam dans sa pratique et répétait sans cesse : « Ils m’ont égaré, ils
m’ont égaré ». Une nuit l’imam ne l’entendit pas et s’enquit de son
sort. Il sut alors que le jeune homme avait été arrêté pour ivresse et
voulut lui venir en aide. Il supplia les policiers de le laisser en sa
garde et le fit monter derrière lui sur sa mule. Arrivé devant chez lui,
il lui demanda : « t’avons-nous égaré ? » « Non ! par Allah je ne boirai
plus ». Quels délicatesse et raffinement dans la da’wa de l’imam !
Si vous êtes confrontés à ce genre de situation et que vous trouvez que
quelqu’un pratique quelque acte religieux d’une façon incorrecte,
montrez-lui son erreur doucement et en usant de tact.
Il arrive malheureusement que des personnes bien éduquées laissent
échapper des mots impolis pour ne pas dire grossiers. Le seul remède à
cela est d’éliminer tout vocabulaire inconvenant de son langage
quotidien.
La discussion est aussi un art:
Les Quraychites, lassés par la résistance du Prophète, eurent l’idée de
le corrompre. Ils envoyèrent l’un d’entre eux, Abou el Walid, pour lui
faire part de leurs propositions.
Remarquez avec quel calme et respect le Prophète reçut cet homme. Il
commença tout d’abord par dire à son interlocuteur :
- Vas-y, Aba El Walid, je t’écoute.
- Mohammad, dit Abou el Walid, si tu cherches à être riche, nous te
rassemblerons une fortune et tu seras le plus riche parmi nous, à
condition que tu abandonnes cette affaire. Si tu aspires au pouvoir,
nous te nommerons roi. Si c’est l’autorité que tu ambitionnes, nous te
désignerons président et nous nous réfèrerons à toi avant d’entreprendre
quoi que ce soit. Si tu désires te marier, nous te marierons avec la
plus belle des femmes.
Le Prophète le laissa parler sans l’interrompre une seule fois. Et quand
celui-ci se tut, le Prophète lui demanda :
- As-tu terminé Aba El Walid?
- Oui, répondit-il
- Veux-tu donc m’écouter ? Lui dit le Prophète
Êtes-vous capables de mener une conversation qui vous est parfaitement
détestable avec une politesse et un goût aussi raffiné ?
Le Prophète commença la récitation du Coran. Il lit des versets de la
sourate “Foussilat". Le visage de l’homme changeait au fur et à mesure
que le Prophète lisait. Il fut ému par la récitation du Prophète émanant
du fond du cœur. Jusqu’à ce que le Prophète arrive au verset –ce qui
peut être traduit comme :
« S’ils s’en détournent, alors dis-leur: «Je vous ai avertis d’une
foudre semblable à celle qui frappa les Aad et les Thamūd”. »
Là l’homme effrayé, mit sa main sur la bouche du Prophète et lui dit :
- Je te supplie d’arrêter.
Et le Prophète se tut immédiatement.
Le jour où le Prophète alla dans la ville de Taif pour leur proposer
l’Islam, il fut très mal reçu. Perdant tout espoir de les voir changer
d’avis, il décida de quitter la ville, mais au lieu de le laisser partir
en paix, les habitants de la ville, sortirent derrière lui et le
criblèrent de pierres. Il dut se réfugier dans un jardin à quelques
kilomètres de la ville.
Les propriétaires du jardin lui envoyèrent un peu de nourriture avec
leur serviteur.
Le Prophète, en prenant la nourriture de la main du garçon, dit : « Au
nom d’Allah », le garçon surpris s’exclama : « Je n’ai jamais entendu
quelqu’un de ce pays prononcer ce mot ! »
Le Prophète lui demanda gentiment :
- Quel est ton nom ?
- Addas.
- De quel pays es-tu Addas ?
- Je suis originaire de la ville de Ninaoua
- C’est la ville de l’homme vertueux, Younous ibn Matta
- Comment connaissez-vous Younous ibn Matta? S’enquit le garçon
intrigué.
- C’est mon frère. Il était prophète et je suis prophète. Répondit le
Prophète gentiment.
Le garçon ému se jeta sur les pieds du Prophète et les embrassa.
J’ai lu cette histoire plusieurs fois, et à chaque fois je me posais la
question : « Qu’est-ce qui a ému ce garçon jusqu’à embrasser les pieds
du Prophète, et Quelles leçons devrons-nous en tirer ? ». Je suis arrivé
à ces quatre points :
-
Le prophète a mentionné le nom d’Allah, ce qui nous enseigne de ne
pas cacher notre foi par embarras ou par gêne.
-
Le Prophète s’enquit du nom du garçon.
-
Ensuite, le Prophète utilisa le prénom tout de suite après ce qui
signifie qu’il lui accordait toute son attention. Alors que l’un
d’entre nous, oublie très vite le nom qu’il vient d’entendre et
appelle son interlocuteur par un autre nom, et cela suffit pour
rompre toute conversation.
-
Le Prophète s’enquit de son pays. Et juste après il fit allusion au
prophète Younous avec des mots très doux. Tout cela sur un ton
affectueux et bienveillant.
Faisant partie du savoir-vivre le fait de ne pas chuchoter et ne pas
trop parler. Le Prophète (BP sur lui) nous a interdit de discuter entre
nous en délaissant une tierce personne présente. Une jeune fille
d’Angleterre s’est convertie à l’Islam après que deux de ses collègues
au travail aient respecté cette vertu. Ils se mettaient souvent à
discuter entre eux en arabe et dès qu’elle s’approchait d’eux, ils
parlaient en anglais pour qu’elle comprenne ce qu’ils se disaient. Après
s’être enquis de ce comportement elle a compris que cela faisait partie
de la Sunna du Prophète (BP sur lui) et a décidé de se convertir.
Faisant partie du raffinement, le fait de ne proférer des paroles
injurieuses.
Un homme pieux marchait dans la rue avec son fils, un chien passa devant
eux. Le fils s’exclama :
- Ote toi de là, chien fils du chien !
Le père répliqua en colère :
- Ne dis pas ça !
- Mais c’est vrai, n’est-ce pas un chien et fils d’un chien ?!
- Sans doute, mais tu l’as dit avec l’intention de l’abaisser et non
pas pour constater un fait !
Nous savons tous ce qui est arrivé au prophète Youssouf (que le salut
soit sur lui), ses frères, soucieux de se débarrasser de lui pour
toujours, l’ont jeté dans un puits. Mais écoutez ce qu’il dit lorsqu’il
retrouva ses frères des années plus tard : « Et il éleva ses parents
sur le trône, et tous tombèrent devant lui, prosternés. Et il dit –ce
qui peut être traduit comme : "Ô mon père, voilà l'interprétation de
mon rêve de jadis. Allah l'a bel et bien réalisé... Et Il m'a
certainement fait du bien quand Il m'a fait sortir de prison et qu'Il
vous a fait venir de la campagne, [du désert], après que le Diable ait
suscité la discorde entre mes frères et moi. -Remarquez comme il
a attribué la faute de ses frères au diable pour ne pas les embarrasser
et aussi pour ne pas blesser les sentiments de son père qui était
présent !- Mon Seigneur est plein de douceur pour ce qu'Il veut.
Et c'est Lui L'Omniscient, le Sage. (TSC, Yoûsouf ‘Joseph’ : 100)
La politesse envers les personnes d’un rang élevé (professeur à
l’université, ministre, homme de science…) :
Il est le fait de la Sunna de le traiter comme son rang l’exige, sauf en
cas de guerre. Quand le Prophète envoya un message à Xérès, roi des
perses, et qui adorait le feu, il lui dit : « de Mohammed, Messager de
Dieu, à Xérès, glorieux roi des perses ». Et quand il écrit un message à
Héraclius ; roi de Byzance, il lui dit : « de Mohammed, Messager de
Dieu, à Héraclius, glorieux roi de Byzance ». Il ne les a pas traités
d’impies par raffinement et délicatesse et pas respect de leur rang dans
leur pays.
Ainsi, il faudra t’adresser à tes professeurs à l’université avec grand
respect.
Le savoir-vivre envers ceux qui t’ont rendu service :
Y compris ton professeur, ne crois surtout pas que te moquer de ce
dernier fait partie des caractéristiques d’un homme. Tu lui dois
beaucoup, c’est grâce à lui que tu as tant appris.
Quand on demanda à Ibn Abbas qui de lui ou le Prophète est plus grand
que l’autre il répondit : « il est plus grand que moi et je suis né
avant lui ».
Quand Abu Bakr et le Prophète (BP sur lui) sont entrés à Médine, les
habitants de cette dernière ont confondu Abu Bakr avec le Prophète,
alors pour rattraper leur erreur, Abu Bakr prit sa tunique et l’utilisa
comme ombrelle au Prophète, les gens comprirent leur erreur et
accoururent vers le Prophète.
Des fois tu te sens tellement bien et ami avec un de tes professeurs que
tu lui manques de respect sans le faire exprès. Fais attention, tu as
une dette envers lui. Regarde ce que Imam chafi’y disait : « je ne peux
pas tourner les pages de mon livre avec bruit de peur de déranger mon
professeur ».
Le savoir-vivre lors des funérailles :
Nombreux sont ceux qui entre eux discutent lors de la lecture du Coran
ou quand les personnes touchées par le deuil sont en pleurs. Le prophète
(BP sur lui) dit : « Allah aime le silence en trois [choses] : lors de
la marche vers l’ennemi, lors de la lecture du Coran et pendant les
obsèques. »
La politesse envers les gens :
-
L’exagération dans la bienséance est un manque de savoir-vivre. Si,
par exemple, tu rends visite à un malade et tu veux le quitter alors
qu’il insiste pour que tu restes est considéré comme un manque de
raffinement. Imam Chafi’y dit : « celui de mes frères qui me pèse
est celui qui en fait trop pour moi et j’en fais trop pour lui et
celui de mes frères qui m’est le plus cher est celui qui, en sa
compagnie, je me sens comme avec moi-même »
-
L’exagération dans le sérieux est du mauvais goût : tu ne souris
jamais en prétendant être sérieux et raffiné.
La politesse envers Allah :
Pour atteindre un rang élevé et être parmi les bons croyants, il faut
observer quelques règles dans le comportement envers Allah :
-
Ne pas attribuer le mal à Dieu, comme les gens frappés par un
malheur qui disent : ‘Seigneur, pourquoi m’avoir affligé, qu’ai-je
fait ?’
-
Ne pas se détourner de Dieu, par exemple en pensant à autre chose en
effectuant la Salât.
-
Ne pas commettre les péchés.
-
Les savants disent : « celui dont l’esprit est avec Dieu ; le cœur
est avec Dieu et ses actes sont pour Dieu et avec Dieu est digne de
l’amour de Dieu. »
Parmi les plus beaux exemples de politesse envers Dieu, prenons
l’exemple de Jésus :
« (Rappelle-leur) le moment où Allah dira –ce qui peut être traduit
comme : "Ô Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux gens :
“Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d'Allah ?
” Il dira : “Gloire et pureté à Toi ! Il ne m'appartient pas de déclarer
ce que je n'ai pas le droit de dire ! Si je l'avais dit, Tu l'aurais su,
certes. Tu sais ce qu'il y a en moi, et je ne sais pas ce qu'il y a en
Toi. »
Jésus pouvait dire :’Non, je ne l’ai pas dit’ mais il sait très bien que
Dieu sait toute chose, c’est pour cela qu’il ajouta avec le plus grand
respect : Tu es, en vérité, le grand connaisseur de tout ce qui
est inconnu. Je ne leur ai dit que ce Tu m'avais commandé, (à savoir) :
“Adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur”. Et je fus témoin contre
eux aussi longtemps que je fus parmi eux. Puis quand Tu m'as rappelé,
c'est Toi qui fus leur observateur attentif. Et Tu es témoin de toute
chose. Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs. Et si Tu leur
pardonnes, c'est Toi le Puissant, le Sage”. (TSC, Al-Mâ’idah
‘La Table Servie’ : 116-117-118)
L’histoire du prophète Moise avec Al Khidr.
AL Khidr a accompli trois actes mentionnés dans la sourate Al-Kahf :
- 71. Alors les deux partirent. Et après qu'ils furent montés sur un
bateau, l'homme y fit une brèche.
- 74. Puis ils partirent tous deux; et quand ils eurent rencontré un
enfant, [l'homme] le tua.
- 77. Ils partirent donc tous deux; et quand ils furent arrivés à un
village habité, ils demandèrent à manger à ses habitants; mais ceux-ci
refusèrent de leur donner l'hospitalité. Ensuite, ils y trouvèrent un
mur sur le point de s'écrouler. L'homme le redressa.]
En expliquant à Moise les motifs de ces trois actes, il s’attribua le
premier acte en disant ‘je’, parce que l’acte avait l’apparence d’une
mauvaise action : 79. Pour ce qui est du bateau, il appartenait à
des pauvres gens qui travaillaient en mer. Je voulais donc le rendre
défectueux, car il y avait derrière eux un roi qui saisissait de force
tout bateau.
Dans le second, il s’attribua la partie qui apparaissait répréhensible
c'est-à-dire le fait d’avoir tué l’enfant, mais dit ‘nous’ en parlant de
la bonne chose qui en résultait à savoir un autre enfant plus pur et
plus affectueux. 80. Quant au garçon, ses père et mère étaient des
croyants; nous avons craint qu'il ne leur imposât la rébellion et la
mécréance.
81. Nous avons donc voulu que leur Seigneur leur accordât en échange un
autre plus pur et plus affectueux.
Mais comme le troisième acte ne constituait en apparence comme en
réalité qu’une bonne action il en attribua le mérite à Dieu Seul.
82. Et quant au mur, il appartenait à deux garçons orphelins de la
ville, et il y avait dessous un trésor à eux; et leur père était un
homme vertueux. Ton Seigneur a donc voulu que tous deux atteignent leur
maturité et qu'ils extraient, [eux-mêmes] leur trésor, par une
miséricorde de ton Seigneur. ”. (TSC, Al-Kahf ‘La Caverne’ : 82)
Comparez ces exemples avec les paroles des juifs : Allah a
certainement entendu la parole de ceux qui ont dit: "Allah est pauvre et
nous sommes riches." (TSC, Al Imrân ‘La Famille D’Imrân’ : 181)
Et les Juifs disent: "La main d'Allah est fermée!" Que leurs propres
mains soient fermées, et maudits soient-ils pour l'avoir dit. Au
contraire, Ses deux mains sont largement ouvertes: Il distribue Ses dons
comme Il veut. (TSC, Al Mâ’da ‘La Table Servie’ : 64)
Mais qu’en est-il de nous ? De quelle manière agissons-nous envers
Allah ?
Il y en a qui arrêtent toute activité en entendant l’appel à la prière.
Il y a ceux qui mettent leurs plus habits et se parfument avant d’aller
effectuer la prière.
En étant polis envers Allah, vous abandonnerez les péchés, vous
rechercherez sans cesse de nouveaux moyens pour vous rapprocher de Lui.
En étant polis et bienveillants envers les gens, vous serez estimés et
respectés de tout le monde.
Qu’Allah vous récompense et accorde Sa bénédiction et Sa paix à Son
prophète et tous ses compagnons.